La Journée mondiale des sourds (JMS) a été lancée par la Fédération Mondiale des Sourds (FMS) lors de son premier congrès, le 23 septembre 1951 en Italie. Elle est célébrée chaque année le dernier samedi du mois de septembre
Cette journée a pour objectifs de :
– sensibiliser le public à la surdité, – mettre en lumière les difficultés rencontrées au quotidien par les personnes sourdes et malentendantes, – informer sur les solutions existantes et les adaptations possibles.
Elle constitue un moment important pour rappeler l’importance de l’inclusion, de l’égalité des droits et de l’accès à la communication pour tous.
Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes
Ayant pour thème : « Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes », cette journée rappelle qu’il est essentiel de garantir aux personnes sourdes et malentendantes l’exercice effectif de leurs droits fondamentaux dans tous les domaines de la vie. Elle souligne notamment la nécessité de : – reconnaître les droits des personnes sourdes, – les protéger, – les promouvoir, – garantir un accès réel aux services grâce aux langues des signes nationales.
Elle est aussi l’occasion de valoriser l’identité linguistique et la diversité culturelle des personnes sourdes et malentendantes, ainsi que de toutes les personnes qui utilisent la langue des signes. L’accès à la communication est en effet un droit essentiel, indissociable de la pleine jouissance des droits humains.
Quelquesrepères
Selon la Fédération mondiale des sourds, près de 70 millions de personnes sourdes vivent dans le monde, dont environ 80 % dans des pays en développement. On recense plus de 300 langues des signes à travers le monde. Ce sont de véritables langues naturelles, à part entière, avec une structure propre, distincte des langues parlées. Une langue des signes internationale (LSI) est également utilisée lors de rencontres entre personnes de différents pays, ou de manière plus informelle lors de voyages. Un enjeu reconnu au niveau international
La Convention relative aux droits des personnes handicapées reconnaît l’égalité entre les langues des signes et les langues parlées. Elle engage les États à faciliter leur apprentissage et leur utilisation. Dans cette continuité, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé en 2017 la Journée internationale des langues des signes afin de sensibiliser le public à l’importance de ces langues et de promouvoir les droits de la communauté sourde.
Vers une société plus inclusive
À travers ces journées de sensibilisation, l’objectif est de renforcer les efforts en faveur d’une société plus inclusive, dans laquelle chaque personne peut communiquer, comprendre et être comprise, partout et avec dignité.
À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients, l’HPGRB sensibilise sur l’importance d’une prise en charge sûre et collaborative
La sécurité des patients constitue une dimension essentielle de la qualité des soins. Elle concerne tous les acteurs du parcours de santé : professionnels de santé, patients, familles, accompagnants et responsables des établissements de soins.
Célébrée chaque année le 17 septembre, la Journée mondiale de la sécurité des patients a été instituée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2019 afin de renforcer la sensibilisation à la sécurité des soins et de mobiliser les différents acteurs autour de la réduction des préjudices évitables dans les services de santé.
Pour l’édition 2026, l’OMS place la campagne sous le thème « Des soins sûrs pour les maladies non transmissibles », avec le slogan « Des soins sûrs pour la vie ! ». L’accent est notamment mis sur la nécessité d’assurer la sécurité tout au long du parcours des personnes vivant avec des maladies chroniques ou non transmissibles, depuis la prévention et le diagnostic jusqu’au traitement, au suivi à long terme et aux soins réalisés au quotidien.
La sécurité des patients : une préoccupation qui concerne chaque étape des soins
La sécurité des patients ne se limite pas à l’absence d’erreur médicale. Elle renvoie plus largement à l’ensemble des mesures, comportements, procédures et conditions qui permettent de réduire les risques de préjudice évitable au cours de la prise en charge.
Selon l’OMS, les risques peuvent apparaître à différents moments du parcours de soins. Ils peuvent notamment concerner le diagnostic, l’utilisation des médicaments, les infections associées aux soins, les dispositifs médicaux ou encore la continuité et la coordination de la prise en charge.
Dans ce contexte, la sécurité ne repose pas sur une seule personne. Elle suppose une organisation adaptée, des professionnels compétents, une communication efficace et une participation réelle du patient et de sa famille au processus de soins.
Une sensibilisation portée par Sante+Magazine
C’est dans cet esprit que l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) a consacré une édition de son émission Sante+Magazine au thème : « Le personnel soignant et la sécurité du malade dans sa prise en charge ».
À travers cette émission de sensibilisation, l’accent a été mis sur une idée simple : la sécurité du patient est une responsabilité qui se construit dans la relation entre le professionnel de santé et la personne prise en charge.
Invité de cette édition, M. Amani Muzindusi Christian, audiologiste à l’HPGRB, a échangé autour des attitudes qui peuvent contribuer à une prise en charge plus sûre, de l’importance de la communication entre soignant et patient, ainsi que du rôle que peuvent jouer les patients et leurs accompagnants.
Cette sensibilisation s’inscrit dans une démarche d’information du public sur les bons comportements à adopter dans le parcours de soins, sans opposer le patient au personnel soignant. Au contraire, elle rappelle que la qualité et la sécurité des soins reposent notamment sur la collaboration, l’écoute et la communication.
Du côté des professionnels : rigueur, communication et vigilance
Pour les professionnels de santé, la sécurité du patient commence par l’application rigoureuse des bonnes pratiques professionnelles.
L’hygiène des mains, l’utilisation appropriée des équipements de protection, la vérification des informations pertinentes concernant le patient, la bonne communication entre les différents intervenants et la vigilance dans l’administration des médicaments font partie des éléments importants de la sécurité des soins.
La communication occupe également une place centrale. Un patient doit pouvoir comprendre, autant que possible, ce qui lui est expliqué concernant son état de santé, les examens envisagés, les traitements proposés ou les consignes à respecter.
De leur côté, les professionnels doivent favoriser un dialogue permettant au patient de poser des questions et de signaler une information importante concernant son état de santé.
La sécurité suppose également que les professionnels puissent identifier, signaler et apprendre des situations à risque, dans une logique d’amélioration des pratiques. L’objectif général de la sécurité des patients est précisément de réduire les risques et de tirer des enseignements des situations susceptibles de provoquer un préjudice.
Le patient n’est pas un simple bénéficiaire des soins
La sécurité des soins implique aussi la participation du patient.
Lorsqu’une personne se rend dans un établissement de santé, elle peut contribuer à sa propre sécurité en donnant aux professionnels des informations aussi précises que possible sur son état de santé, ses antécédents, ses allergies connues, les médicaments qu’elle prend déjà ou tout autre élément susceptible d’être pertinent pour sa prise en charge.
Le patient ne doit pas hésiter à demander des explications lorsqu’il ne comprend pas une consigne. Poser une question, demander qu’une information soit répétée ou signaler une inquiétude peut contribuer à une meilleure compréhension du parcours de soins.
L’OMS insiste d’ailleurs sur l’importance de faire des personnes prises en charge de véritables partenaires de leur sécurité, notamment dans le contexte des maladies non transmissibles qui nécessitent souvent un suivi prolongé et plusieurs interactions avec le système de santé.
Le rôle des familles et des garde-malades
Dans le contexte de Bukavu et plus largement de la République démocratique du Congo, les membres de la famille ou les accompagnants peuvent occuper une place importante auprès des personnes hospitalisées.
Leur présence peut être utile pour accompagner le malade, faciliter la transmission de certaines informations et l’aider à comprendre ou à respecter les consignes qui lui sont données.
Cependant, l’accompagnement doit se faire dans le respect des règles de l’établissement de santé. Le garde-malade doit notamment éviter l’automédication du patient, la modification d’un traitement sans avis du professionnel compétent ou encore l’introduction de pratiques susceptibles de compromettre les soins.
En cas d’inquiétude ou d’incompréhension, la meilleure attitude consiste à s’adresser au personnel soignant plutôt que de prendre une décision médicale seul.
La sécurité concerne également les soins spécialisés
La sécurité du patient concerne toutes les disciplines médicales et paramédicales, y compris l’audiologie.
Les personnes présentant une déficience auditive peuvent rencontrer des difficultés particulières pour recevoir ou transmettre certaines informations. Une communication adaptée devient alors particulièrement importante.
Dans le domaine de l’audition, la vigilance concerne également l’utilisation de certains médicaments susceptibles d’avoir des effets indésirables sur le système auditif. La prise en charge de ces situations nécessite une collaboration entre les différents professionnels concernés, selon l’état du patient et les indications médicales.
Plus largement, les équipements utilisés pour l’exploration, le diagnostic ou le traitement doivent faire l’objet d’une utilisation appropriée et d’un entretien conforme aux exigences de sécurité applicables.
Quelques conseils aux patients et accompagnants
À l’occasion de cette sensibilisation, l’HPGRB invite les patients et leurs accompagnants à adopter quelques réflexes simples :
Donner des informations exactes au personnel de santé sur son état de santé, ses antécédents, ses allergies et les médicaments déjà utilisés ;
Poser des questions lorsqu’une information ou une consigne n’est pas comprise ;
Respecter les prescriptions et les consignes des professionnels et éviter toute modification autonome d’un traitement ;
Ne pas pratiquer l’automédication pendant une prise en charge sans en informer le professionnel de santé ;
Signaler rapidement tout changement inhabituel ou toute inquiétude concernant son état de santé ;
Respecter les règles d’hygiène et de fonctionnement de l’établissement, notamment celles concernant les visites et l’accompagnement des patients ;
Éviter les pratiques non recommandées, notamment l’introduction d’objets dans les oreilles ou d’autres gestes pouvant provoquer des blessures.
Ces comportements ne remplacent évidemment pas les conseils d’un professionnel de santé. Ils constituent plutôt des réflexes de prudence susceptibles de faciliter une prise en charge plus sûre.
Du côté du personnel soignant : une vigilance collective
La sécurité du patient appelle également l’engagement de tous les professionnels intervenant dans son parcours.
Médecins, infirmiers, pharmaciens, biologistes, techniciens, spécialistes, personnel paramédical et autres intervenants ont chacun une responsabilité dans la qualité de la prise en charge, selon leurs fonctions et leurs compétences.
La coordination entre professionnels est particulièrement importante lorsque plusieurs services interviennent auprès d’un même patient. Une information correctement transmise peut contribuer à assurer la continuité des soins et à limiter les risques liés aux incompréhensions ou aux ruptures dans le parcours de prise en charge.
La sécurité des patients est donc aussi une culture collective, qui repose sur la vigilance, le respect des bonnes pratiques, la communication professionnelle et la volonté constante d’améliorer les soins.
« Des soins sûrs pour la vie »
Le thème retenu par l’OMS pour 2026 rappelle que la sécurité ne doit pas être envisagée uniquement au moment où le patient franchit la porte d’un hôpital. Pour les personnes vivant avec une maladie non transmissible, les soins peuvent s’inscrire dans la durée et mobiliser plusieurs professionnels et plusieurs structures. Les risques doivent donc être pris en compte tout au long du parcours. À travers Sante+Magazine, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu entend ainsi contribuer à l’information et à la sensibilisation de la population sur les questions de santé qui concernent directement les patients, leurs familles et les professionnels.
La sécurité des patients n’est pas l’affaire d’un seul service ni d’une seule catégorie de personnes. Elle se construit dans chaque geste professionnel, dans chaque information correctement transmise, dans chaque question posée et dans chaque attitude responsable.
À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients, le message essentiel demeure donc simple : soignants, patients et accompagnants ont chacun un rôle à jouer pour favoriser des soins plus sûrs, plus attentifs et respectueux de la personne.
Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) Sante+Magazine — Informer, sensibiliser et éduquer pour la santé.
Une mobilisation collective pour briser le silence
Chaque année, le 10 septembre marque la célébration de la Journée Mondiale de Prévention du Suicide. En 2026, cette journée internationale achève son cycle triennal sous une thématique d’une importance capitale : « Changer le discours sur le suicide », appuyée par un mot d’ordre universel : « Commencer la conversation ». Pour l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB), cette commémoration ne se limite pas à un jalon du calendrier sanitaire. Elle constitue une opportunité majeure d’ouvrir un espace de réflexion, de dialogue et de sensibilisation au sein de notre communauté au Sud-Kivu.
La détresse psychologique, bien qu’invisible, est une réalité humaine profonde qui traverse toutes les couches de notre société. Trop souvent, la souffrance mentale est enveloppée dans une chape de plomb, nourrie par le silence, les tabous culturels ou la peur du jugement d’autrui. Pourtant, les faits démontrent qu’engager une discussion ouverte, honnête et dénuée de préjugés est le premier rempart pour sauver des vies et redonner de l’espoir à ceux qui vacillent.
Une réalité mondiale aux répercussions locales
À l’échelle planétaire, le suicide demeure un défi de santé publique majeur. Chaque année, plus de 720 000 personnes mettent fin à leurs jours. Derrière ce chiffre se cachent des tragédies individuelles et familiales incommensurables, qui ébranlent durablement des foyers, des milieux professionnels et des communautés entières. Ce fléau touche de manière particulièrement aiguë la jeunesse : le suicide représente la troisième cause de décès chez les adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans. De plus, les statistiques révèlent que 73 % de ces drames surviennent dans les pays à faible et moyen revenu, soulignant l’importance cruciale de développer des mécanismes de prévention adaptés à nos réalités socio-économiques.
Dans notre province du Sud-Kivu, les difficultés du quotidien, le stress lié à l’environnement général et les épreuves collectives vécues par les populations pèsent lourdement sur l’équilibre émotionnel des individus. Face à ces tensions accumulées, la santé mentale est parfois mise à rude épreuve. Pourtant, exprimer son mal-être ou admettre que l’on traverse une crise psychologique reste une démarche difficile. La stigmatisation sociale pousse de nombreuses personnes à s’isoler, aggravant ainsi leur sentiment de solitude et d’abandon. Il est donc urgent de transformer notre perception collective de la souffrance psychique.
Briser les mythes : Le pouvoir thérapeutique de la parole
L’un des obstacles les plus tenaces à la prévention est la croyance selon laquelle parler ouvertement du suicide pourrait inciter une personne vulnérable à passer à l’acte. La recherche scientifique et l’expérience clinique réfutent catégoriquement ce mythe. Parler des pensées suicidaires de manière bienveillante et calme n’augmente pas le risque de survenue de ce drame. Au contraire, une conversation franche et attentive offre une véritable soupape de sécurité émotionnelle. Elle permet à l’individu en détresse de briser son isolement, de mettre des mots sur son immense douleur et d’envisager qu’une alternative existe.
En psychiatrie et en psychologie des médias, les experts s’accordent sur l’existence de l’effet Papageno. Ce concept démontre que la diffusion de messages d’espoir, de soutien et de récits de personnes ayant réussi à surmonter une crise psychologique grâce à une aide professionnelle a un impact protecteur et préventif avéré. En partageant des solutions concrètes et en rappelant que la détresse est un état surmontable, nous pouvons inspirer confiance et guider ceux qui souffrent vers le chemin de la résilience.
Le choix des mots : Vers un langage bienveillant
Changer le discours commence par modifier notre vocabulaire de tous les jours. La manière dont nous parlons de la détresse influe directement sur la volonté des personnes concernées à demander de l’aide. Les directives éthiques nationales et internationales d’aide à la prévention recommandent vivement l’usage d’un langage sécuritaire, respectueux et axé sur la personne.
Ce qu’il convient d’éviter : Des termes stigmatisants comme « commettre un suicide » ou « suicide réussi ». Le mot « commettre » associe historiquement cet acte à un crime ou à un péché, tandis que le terme « réussit » présente à tort le décès comme un objectif ou un accomplissement positif.
Ce qu’il convient de privilégier : Des expressions factuelles et neutres telles que « décès par suicide », « perte par suicide » ou « personne traversant une crise psychologique profonde ».
Ces nuances de langage suppriment la notion de jugement moral, humanisent la souffrance et facilitent l’accès aux structures de soins.
L’HPGRB : Un pilier d’écoute, de soins et d’accompagnement
Établi au carrefour des trois communes urbaines de la ville de Bukavu (Ibanda, Kadutu et Bagira), l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) est une structure médicale de l’État cédée en gestion à l’Archidiocèse de Bukavu. Fort d’une triple vocation de soins de qualité dispensés à la population, d’enseignement clinique pour les étudiants en médecine de l’Université Catholique de Bukavu (UCB) et de recherche sur les réalités sanitaires locales, notre établissement se positionne comme un acteur de référence en Afrique centrale.
Au-delà de la médecine physique et chirurgicale, l’HPGRB accorde une place essentielle à la prise en charge globale de l’être humain, englobant la santé physique et l’accompagnement psychosocial. Ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, l’hôpital abrite des équipes qualifiées de médecins, de psychiatres et de psychologues cliniciens prêts à offrir une écoute attentive, chaleureuse et strictement confidentielle.
Conformément à la charte et à la philosophie de notre institution, chaque patient est accueilli avec dignité, respect et humanité, sans aucune discrimination, en mettant en œuvre au quotidien notre devise : « Le patient est roi ». Nos services d’appui psychosocial travaillent sans relâche pour désamorcer les crises émotionnelles, accompagner les familles et offrir un accompagnement personnalisé dans un cadre sécurisant et protecteur.
Comment agir à notre niveau ? Des gestes simples pour sauver des vies
La prévention du suicide n’est pas uniquement l’affaire des professionnels de la santé ; elle repose sur la vigilance et la solidarité de chacun d’entre nous au quotidien. Voici des attitudes concrètes que nous pouvons tous adopter pour soutenir un proche, un collègue ou un voisin en difficulté :
Prêter attention aux signaux d’alerte : Un repli inhabituel sur soi, un désintérêt soudain pour les activités habituelles, des propos exprimant un sentiment d’inutilité (« je suis un fardeau pour vous », « bientôt vous serez débarrassés de moi ») ou une négligence progressive de soi sont des signes de détresse qui doivent susciter notre attention.
Poser la question simplement : N’ayez pas peur d’aborder le sujet directement mais toujours avec douceur. Poser des questions simples comme : « Je remarque que tu traverses des moments difficiles en ce moment, comment te sens-tu réellement ? » ou « Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des idées sombres ? » peut ouvrir la porte à une confidence libératrice.
Écouter sans juger et sans conseiller à la hâte : La personne en crise a besoin de se sentir comprise, pas d’être moralisée ou réprimandée. Évitez les formules toutes faites comme « sois fort » ou « secoue-toi », qui peuvent être perçues comme une minimisation de sa souffrance. Dites plutôt : « Je vois que tu as très mal, et je suis là pour t’écouter. »
Guider vers des professionnels de confiance : Encouragez calmement la personne à consulter un psychologue ou à se rendre dans une structure de santé adaptée comme l’HPGRB, où elle pourra bénéficier d’une prise en charge adéquate et confidentielle.
Changer le discours, c’est comprendre que la détresse psychologique n’est pas une fatalité ni une honte, mais une surcharge émotionnelle qui nécessite du soutien, de la compassion et des soins appropriés. Ensemble, en commençant la conversation dès aujourd’hui, nous pouvons allumer une lueur d’espoir et préserver la vie.
Chaque 8 septembre, la communauté médicale internationale célèbre la Journée Internationale de la Physiothérapie sous l’égide de World Physiotherapy et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette journée constitue un rendez-vous mondial majeur pour rappeler que la physiothérapie et la réadaptation fonctionnelle sont des piliers essentiels de tout système de santé. Pour cette édition, le thème mondial retenu par l’OMS s’est focalisé sur « Les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) », mettant en avant le rôle déterminant de la kinésithérapie dans la récupération, la prévention des complications et la restauration de l’autonomie des patients.
À l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB), le service de kinésithérapie s’est mobilisé pour marquer cet événement en organisant une conférence scientifique d’échange et de sensibilisation au sein de l’institution.
L’activité a rassemblé un auditoire diversifié de 41 personnes enregistrées sur la liste de présence. Cette assise a réuni des invités de tous ordres : les membres de la Direction de l’HPGRB (DAF, DRH, DN, DNA, Patrimoine, Sécurité), des médecins chefs de départements et spécialistes, du personnel soignant (infirmiers, kinésithérapeutes, psychologue, aumônier), des représentants d’organisations partenaires (CICR, BDGL, Médecin du Monde, CESAM, CMGM, Clinique B), des délégués du monde académique (U.C.B, ISTM/Bukavu, UKC), des professionnels des médias et photographes, ainsi que des patients témoins venus partager leur parcours de soins.
· Allocutions Protocolaires et Mots d’Orientation
La cérémonie officielle s’est ouverte sous la présidence d’honneur du Médecin Directeur de l’HPGRB, représenté par son délégué, le Professeur Dr. BUDEMA. Dans son mot de bienvenue, ce dernier a salué l’initiative du service de kinésithérapie et a réaffirmé le soutien de la Direction médicale à l’amélioration continue des soins de réadaptation au sein de l’hôpital.
Prenant la parole à sa suite, la Coordonnatrice du service de kinésithérapie, la Sœur CIBALAMA MASIRIKA Jeannine, a livré un discours d’orientation inspirant. Après avoir rendu grâce à Dieu et remercié la Direction ainsi que les partenaires institutionnels pour leur accompagnement, elle a souligné la portée du thème mondial de l’OMS axé sur les maladies cardiovasculaires et les AVC.
La Coordonnatrice a rappelé que la physiothérapie constitue un pilier fondamental de la médecine moderne, indispensable non seulement pour prévenir les incapacités, mais également pour traiter, réadapter et restaurer la dignité et l’autonomie des patients. Elle a mis en avant le dévouement quotidien de l’équipe de kinésithérapie de l’HPGRB face aux traumatismes et affections chroniques, tout en insistant sur la nécessité d’une réadaptation précoce et d’une synergie interprofessionnelle entre médecins, infirmiers et rééducateurs. Enfin, elle a lancé un plaidoyer solennel en faveur du renforcement des équipements et des ressources humaines du service.
· Exposés Scientifiques et Communications Thématisées
Le programme scientifique de la journée s’est articulé autour de trois communications majeures présentées par des spécialistes de l’institution :
1. Kinésithérapie et prise en charge post-Accident Vasculaire Cérébral (AVC)
Présentée par le C.T. MUTSOPI DALMAND Anderson, cette première session s’est inscrite au cœur de la thématique de l’OMS. L’orateur a démontré l’importance cruciale d’une intervention kinésithérapique rapide après un AVC afin de stimuler la neuroplasticité, de prévenir les raideurs articulaires et de guider le patient vers la récupération fonctionnelle maximale.
2. Évaluation de la méthode de Ponseti dans la prise en charge des pieds bots à l’HPGRB
Le chercheur IRAGI MUHIMYAYNI Jonathan a présenté les résultats d’une étude rétrospective menée dans le service sur les cas traités du 12 octobre 2023 au 31 mars 2026.
Données cliniques et épidémiologiques : Sur un total de 58 cas enregistrés, 56 dossiers ont été retenus (soit un taux de rétention de 96,6 %). L’étude révèle une prédominance masculine de 64,3 % et une atteinte bilatérale dans 64,3 % des cas. Lors de la consultation initiale, 92,9 % des enfants présentaient une déformation sévère selon le score de Pirani.
Efficacité thérapeutique : La méthode de Ponseti a fait preuve d’une efficacité remarquable, obtenant un taux de correction complète de 100 % pour les formes modérées et de 92,3 % pour les formes sévères. Pour corriger la déformation, 95,8 % des enfants ont nécessité quatre séances de plâtre ou plus avant l’étape de ténotomie.
Défis et perspectives : L’étude a révélé que 32,1 % des enfants arrivent en consultation tardivement, entre 13 et 60 mois. L’intervenant a ainsi préconisé le renforcement du dépistage néonatal dans les maternités pour débuter le traitement dès les premières semaines de vie.
3. Ergonomie et prévention des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) chez le personnel soignant
Le kinésithérapeute BUVI BATUMIKE Bovick a exposé les enjeux de l’ergonomie en milieu hospitalier.
Constat alarmant : Les TMS représentent la première cause de maladie professionnelle à l’hôpital, 8 soignants sur 10 souffrant de douleurs dorsales (la lombalgie touchant 80 % des agents).
Solution ergonomique : L’intervenant a rappelé que 90 % des blessures peuvent être évitées par la manutention physiologique. Il a détaillé les 5 règles d’or : ne jamais porter seul une charge de plus de 25 kg, appliquer la posture « dos droit, genoux pliés », régler la hauteur des lits avant tout soin, effectuer des micro-pauses d’étirement toutes les 2 heures, et exploiter le matériel disponible (draps de glisse, planches de transfert, lits à manivelle CICR).
Recommandations institutionnelles : Il a recommandé l’acquisition d’équipements adaptés (lève-malades, lits réglables), l’organisation de formations continues et la désignation d’un référent en ergonomie au sein de l’HPGRB.
Témoignages de Patients, Recommandations et Clôture Conviviale
L’un des moments les plus touchants de la journée a été la session dédiée aux témoignages de deux patients suivis à l’HPGRB (un patient hémiplégique, un patient paraplégique ). Tour à tour, ils ont exprimé leur profonde gratitude envers l’équipe de kinésithérapie, expliquant comment les exercices, la rééducation et l’accompagnement humain dispensés à l’hôpital leur ont permis de retrouver la mobilité, d’atténuer leurs douleurs et de réintégrer la vie active.
À l’issue des exposés, une synthèse des recommandations concrètes a été lue à l’assemblée pour guider l’amélioration de la pratique professionnelle et renforcer la sécurité au travail.
La journée s’est achevée dans un climat d’enthousiasme et de confraternité par la traditionnelle photo de famille, immortalisant la présence des 41 participants et des autorités hospitalières. Un rafraîchissement (collation) a ensuite été offert à l’ensemble des convives, clôturant ainsi avec succès cette célébration dédiée à la santé fonctionnelle et au bien-être de la population de Bukavu et de ses environs.
À l’honneur de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel de l’OMS (du 01 au 07 août de chaque année), cet article présente les bienfaits indispensables de l’allaitement précoce et le rôle vital du Lactarium de l’HPGRB pour sauver les nouveau-nés les plus fragiles grâce au don de lait maternel.
Le lait maternel est reconnu comme la meilleure alimentation adaptée pour le nouveau-né. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande l’initiation de l’allaitement dans l’heure qui suit la naissance et de façon exclusive les six premiers mois puis poursuivi avec une alimentation complémentaire adaptée jusqu’à deux ans.
Pourquoi un allaitement précoce les premières heures vie?
Le colostrum souvent appelé le premier vaccin naturel du bébé, est un liquide précieux produit en petite quantité durant les premières heures après accouchement qui a des multiples avantages : renforce le système immunitaire (richesse en anticorps), favorise l’élimination du méconium et la maturation du système digestif, soutient la croissance et le développement et enfin répond aux besoins nutritionnels dès les premiers jours même en petite quantité.
L’allaitement ne profite pas seulement au bébé.
Pratique bénéfique pour le couple mère- enfant : l’allaitement présente également des avantages pour la mère en contribuant à l’involution utérine, réduisant le risque de certains cancers (sein, ovaire) et favorisant le lien affectif mère- enfant mais est aussi surtout économique et pratique.
Le don de lait maternel : un geste de solidarité
Le lait maternel est précieux mais les situations des mères sont différentes : certaines peuvent avoir des difficultés à produire suffisamment de lait, être séparées de leurs nouveau-nés pour des raisons médicales qui compliquent l’allaitement ou avoir un nouveau-né malade.
Que se passe-t-il lorsqu’une mère ne peut pas allaiter son bébé, ou lorsque son bébé est trop fragile pour être nourri directement au sein ?
Dans ce contexte, le don de lait maternel apparaît comme une alternative. Une femme qui dispose d’un surplus de lait peut, dans certaines conditions faire un don de lait maternel afin qu’il puisse être utilisé pour nourrir un autre nouveau-né qui en a besoin.
Le lait est recueilli par une structure spécialisée appelé lactarium, traité, conservé et distribué selon des règles précises. Le don ne doit pas se faire au détriment de son propre bébé. La mère donne seulement si elle est en mesure de le faire et après avoir reçu les informations et conseils nécessaires.
Qui sont les bénéficiaires ?
Le lait maternel donné est particulièrement précieux pour certains nouveau-nés fragiles : les prématurés ; les nouveau-nés avec faible poids de naissance, les nouveau-nés hospitalisés avec des complications médicales, les nouveau-nés dont la mère ne peut temporairement pas fournir son propre lait.
Le don de lait est-il sécurisé ?
Etant destiné particulièrement à des nouveau-nés fragiles, il est donc essentiel de garantir la sécurité et la qualité. Lesdonneuses subissent une évaluation médicale et des tests de dépistage. Le lait est ensuite recueilli en respectant des conditions d’hygiène, identifié, traité puis conservé et distribué selon le besoins.
« Ainsi, derrière chaque don de lait maternel se trouve un geste de solidarité, mais aussi une grande responsabilité ». Une mère accepte de partager une ressource précieuse afin de contribuer au bien-être d’un autre enfant. C’est justement là que le lactarium joue un rôle essentiel. »
Obstacles au don et perspectives scientifiques
Malgré ses avantages, le don de lait reste encore peu connu dans notre communauté.
Le service de néonatologie du département de pédiatrie de l’ HPGRB possède un lactarium depuis presque 5 ans dans le but d’améliorer la prise en charge adéquate nutritionnelle des nouveau-nés en détresse.
Le manque d’information, les croyances religieuses et socio culturelles autour du don de lait limite l’acceptabilité de service du lactarium.
L’HPGRB étant un hôpital tertiaire de formation et dans le but de pérenniser cette innovation, nous sommes en train d’envisager de mener une étude sur les facteurs ou barrières associés à l’acceptabilité de service du lactarium auprès des gestantes.
Nous procédons également à la sensibilisation sur l’allaitement maternel et le don de lait en vue de contribuer à la promotion de l’allaitement maternel et au bien-être des enfants.
« La sensibilisation joue donc un rôle essentiel »
Allaitement et travail
Reprendre une activité professionnelle ne signifie pas forcément arrêter d’allaiter.
« Pas de panique ! Avec un bon accompagnement, une organisation adaptée et un environnement professionnel favorable, il est possible de concilier travail et allaitement »
Une mère qui travaille peut continuer à allaiter son enfant en organisant les tétées et, lorsque c’est possible, en exprimant son lait pendant les heures de travail.
Grace à notre expertise nous offrons quelques conseils et astuces pour continuer à faire bénéficier le bébé du lait maternel en prodiguant les conseils sur la conservation adaptée à nos conditions.
Conclusion
L’allaitement maternel représente une ressource précieuse pour le nouveau-né. Dans les situations où un bébé a besoin de lait humain provenant d’une autre mère, le don de lait peut représenter un véritable geste de solidarité et d’espoir.
Allaiter est un geste naturel, mais c’est surtout une aventure qui se vit à plusieurs. Les difficultés de démarrage existent mais il faut chercher de l’aide d’un professionnel. A HPGRB nous offrons cette opportunité. FIN.
Dr Isia Nanci Francisca (Dr Cissé)
Pédiatre et spécialiste en hémato oncologie pédiatrique