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24 Mars, Journée mondiale dédié à la tuberculose Lutte contre la tuberculose à Bukavu: l’ HPGRB un pôle de référence

L’hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) joue un rôle majeur dans la lutte contre la tuberculose (TB) au Sud‑Kivu. Cet article présente le service de microbiologie, les outils diagnostiques utilisés, les principaux résultats locaux et les perspectives pour atteindre l’objectif « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ».
1. Le service de microbiologie et le contexte régional
Le laboratoire de microbiologie de l’HPGRB assure le diagnostic et le suivi des cas de tuberculose pour la province. En 2020, les statistiques départementales ont montré un important déficit de détection : 8 200 cas notifiés pour environ 20 000 attendus, soit un fossé d’environ 12 000 cas non enquêtés. Cette sous‑détection s’explique par plusieurs facteurs : accès limité aux centres de dépistage, précarité économique, mobilité professionnelle (mutations militaires et policières) et obstacles liés à la connaissance de la maladie. Sur la charge hospitalière, la tuberculose représentait 3,3 % des admissions en médecine interne à l’HPGRB, confirmant l’importance clinique de la maladie dans la région.
2. Diagnostic : l’apport du GeneXpert et la complémentarité avec la microscopie
L’HPGRB a intégré l’automate GeneXpert MTB/RIF, une technique de biologie moléculaire qui a transformé le diagnostic de la TB. Par rapport à la microscopie de Ziehl‑Neelsen, le GeneXpert :
– détecte plus rapidement Mycobacterium tuberculosis,
– identifie la résistance à la rifampicine, ce qui permet de repérer précocement les cas de tuberculose multirésistante (TB‑MR),
– montre une efficacité particulièrement marquée chez les patients vivant avec le VIH, d’après les études locales.
La sensibilité du GeneXpert est élevée (aux alentours de 95,2 %), mais n’est pas « maximale » dans tous les contextes. Pour cette raison, l’établissement recommande la complémentarité avec la microscopie et l’évaluation clinique afin d’optimiser le diagnostic, surtout chez les patients paucibacillaires.
3. Suivi des patients et défis d’adhésion au traitement
Le suivi thérapeutique reste un défi majeur. Les données locales indiquent que 98,1 % des abandons de traitement surviennent avant le cinquième mois. Les raisons sont multiples : sentiment prématuré de guérison, difficultés économiques, instabilité professionnelle, et parfois désespoir face à la durée du traitement. Malgré ces obstacles, les enquêtes de satisfaction (QTSA) montrent que 85 % à 92 % des patients se déclarent satisfaits des soins à l’HPGRB, notamment grâce à la gratuité des médicaments et aux conseils fournis par l’équipe soignante.
4. Plateau technique et perspectives
L’HPGRB dispose d’un plateau technique avancé (imagerie médicale, scanner, laboratoire moderne), qui renforce la capacité de diagnostic et de prise en charge par rapport à d’autres centres de la région. Le thème 2026 « Oui ! Nous pouvons en finir avec la tuberculose : s’engager, investir, agir » est porteur d’espoir.
Toutefois, atteindre l’objectif national d’élimination d’ici 2035 exigera un renforcement des financements, une détection active des cas manquants et une mobilisation multisectorielle soutenue.
5. Message aux habitants de Bukavu
Si vous toussez depuis plus de deux semaines, ne tardez pas : rendez‑vous dans un centre de dépistage. L’HPGRB propose des tests diagnostiques modernes (dont le GeneXpert), des médicaments gratuits et des conseils. Un diagnostic précoce et un traitement suivi augmentent fortement les chances de guérison et protègent votre entourage.
La lutte contre la tuberculose à Bukavu progresse grâce aux technologies modernes et à l’engagement des équipes de l’HPGRB. Pour transformer l’espoir en réalité, il reste essentiel d’améliorer l’accès au dépistage, de réduire les abandons de traitement et de maintenir les investissements locaux et internationaux.
Pour plus d’informations ou pour prendre rendez‑vous : contactez le service de microbiologie de l’HPGRB.

Journée Mondiale de la Trisomie 21 : À Bukavu, transformons le « regard de honte » en « regard d’amour »

Chaque 21 mars, le monde s’arrête pour porter un regard différent sur la trisomie 21. Ce syndrome, causé par la présence d’un troisième chromosome sur la 21e paire, n’est pas une fatalité, mais une condition qui exige science et affection. À Bukavu, l’Hôpital Provincial Général de Référence (HPGRB) se mobilise pour que chaque enfant soit accueilli non comme un “sort”, mais comme une vie à accompagner.

Briser le mur des préjugés : « L’affaire de sorcellerie »

Dans nos quartiers à Bukavu et dans le Sud-Kivu, la naissance d’un enfant trisomique est encore trop souvent entourée de mystères douloureux. Comme le souligne une analyse de Radio Okapi (édition du 20 mars 2025), « certains parents qui ont des enfants trisomiques préfèrent les cacher à la maison pour éviter le jugement des autres qui pensent que c’est une affaire de sorcellerie ».
Pourtant, la réalité est purement médicale : il s’agit d’une anomalie génétique qui affecte le développement. Pour contrer cette stigmatisation par le partage d’expérience, l’auteure Yolande Furaha, dans son ouvrage intitulé « Neema Bagunda Emeraude avec son chromosome d’amour », témoigne de la beauté et des défis de ce parcours, transformant la perception du handicap en une aventure humaine remplie de tendresse.

L’expertise de l’HPGRB : Des chiffres et des actes

L’Hôpital Provincial, sous la gestion de l’Archevêché de Bukavu depuis 1995, a fait de la pédiatrie un pôle d’excellence. La prise en charge y est concrète et fondée sur des données probantes :
• Une corrélation médicale stricte : La trisomie 21 ne se voit pas seulement sur le visage ; elle s’accompagne souvent de malformations internes graves. Selon les données cliniques citées dans la thèse de M. Sidi Z. KANE (édition 2021, USTTB), « la trisomie 21 est présente dans 30 à 35 % des cas d’obstructions congénitales du duodénum ».
• Une surveillance accumulée : Une étude menée par Fabrice CG et ses collaborateurs, publiée dans le Pan African Medical Journal (PAMJ) en 2016, a recensé que sur une période donnée, l’HPGRB a géré 31 cas d’urgences chirurgicales néonatales, mettant en évidence l’importance vitale d’un plateau technique performant pour sauver ces nouveaux-nés.
• L’innovation au service du diagnostic : La science progresse en RDC. Une étude récente mentionnée dans les archives de SciDev.Net révèle que « l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale a une exactitude de 92 % » pour identifier les patients à risque de trisomie 21 avant même les examens génétiques de confirmation.
La pratique du soin : Au-delà du diagnostic

Le Dr Kambale Mbusa Richard, pédiatre à l’HPGRB, insiste sur l’aspect préventif et humain du service de néonatologie. Il préconise une « consultation systématique de tous les nouveaux-nés, 2 jours après leur naissance, pour juger de leur bonne adaptation ».
À l’hôpital, cela est traduit par des gestes simples mais puissants :
1. La Méthode Kangourou : Pour renforcer les liens psycho-affectifs et stabiliser le bébé.
2. Le suivi pluridisciplinaire : Grâce à une équipe de 631 professionnels, incluant des psychologues cliniciens pour soutenir les parents après l’annonce du diagnostic.
Recommandations pour la communauté de Bukavu
Pour que l’inclusion devienne une réalité au Sud-Kivu, les experts et les sources officielles recommandent :
• Aux parents : « Avec une bonne prise en charge, les enfants trisomiques peuvent apprendre à vivre de manière autonome et indépendante » (Radio Okapi, 2025). Ne restez pas isolés.
• Au personnel soignant : Pratiquer un examen systématique dès la salle de naissance pour détecter toute anomalie physique ou cardiaque.
• À la population : Respecter le calendrier des consultations prénatales et des échographies fœtales, car un diagnostic précoce change tout.
« Chaque personne est unique », rappelle l’HPGRB. En cette journée mondiale, engageons-nous à offrir à chaque enfant né avec un “chromosome d’amour” la chance de grandir, d’apprendre et de sourire au cœur de notre société.


Journée mondiale du rein 2026: “la santé rénale pour tous”

Chaque année, la Journée mondiale du rein nous rappelle l’importance d’un organe trop souvent négligé jusqu’à l’apparition d’un problème. En 2026, les actions menées à l’occasion de cette journée visent à renforcer la sensibilisation aux maladies rénales, promouvoir le dépistage précoce et diffuser des mesures pratiques de prévention.

La Journée mondiale du rein a lieu chaque année le deuxième jeudi de mars. Elle s’est tenue hier 12 mars, et a ete marquée par des campagnes de sensibilisation, et des actions ciblées à travers le monde.

Les reins jouent un rôle important dans l’évacuation de déchets et l’excès de liquide du sang. Ils aident à la régulation de la pression artérielle, l’équilibre des électrolytes et participent à la fabrication des globules rouges.

Une altération de leur fonction entraîne l’accumulation de toxines et peut conduire à des complications graves. L’insuffisance rénale chronique (IRC) progresse souvent sans symptôme aux stades précoces ; lorsqu’elle devient symptomatique, des lésions importantes sont parfois déjà présentes. C’est pourquoi la prévention et le dépistage sont essentiels.

Causes et facteurs de risque les plus fréquents

  • Diabète : l’hyperglycémie prolongée endommage les petits vaisseaux des reins et est la première cause d’IRC dans de nombreux pays.
  • Hypertension artérielle : une pression artérielle mal contrôlée altère progressivement la fonction rénale.
  • Obésité : favorise le diabète et l’hypertension et augmente la charge de travail des reins.
  • Maladies cardiovasculaires : un cœur qui fonctionne mal réduit l’apport sanguin rénal et compromet la filtration.
  • Infections rénales répétées : les pyélonéphrites récidivantes peuvent laisser des cicatrices irréversibles.
  • Antécédents familiaux : certaines maladies rénales ont une prédisposition génétique.
  • Usage prolongé et non surveillé d’analgésiques ou d’anti‑inflammatoires : peut nuire aux tissus rénaux sur le long terme.

Signes et symptômes à surveiller

Aux premiers stades, il n’y a souvent aucun symptôme. Quand la maladie progresse, on peut observer :

  • fatigue, faiblesse, perte d’appétit, nausées, vomissements ;
  • gonflement (jambes, chevilles, visage) lié à la rétention d’eau ;
  • modifications de l’urine : urine mousseuse (protéinurie), sang dans les urines, diminution ou augmentation anormale du volume ;
  • essoufflement, crampes musculaires, démangeaisons, troubles du sommeil ;
  • tension artérielle élevée difficile à contrôler. Si vous présentez l’un de ces signes, consultez un professionnel de santé.

Dépistage et examens recommandés

Les personnes à risque (diabète, hypertension, antécédents familiaux, obésité, maladies cardiovasculaires) devraient bénéficier d’un dépistage régulier comprenant :

  • dosage de la créatinine sanguine et calcul du débit de filtration glomérulaire estimé (eGFR) ;
  • mesure de la protéinurie : albuminurie sur bandelette ou rapport albumine/créatinine (ACR) sur urine ;
  • contrôle de la pression artérielle et de la glycémie ;
  • bilan lipidique si nécessaire.

Un dépistage simple et précoce permet souvent de ralentir la progression de la maladie.

Mesures pratiques de prévention

  • Contrôler strictement le diabète (glycémie/HbA1c) et l’hypertension ;
  • Maintenir un poids santé, pratiquer une activité physique régulière et suivre une alimentation équilibrée, pauvre en sel et en sucres simples ;
  • Limiter et surveiller l’usage d’anti‑inflammatoires et d’analgésiques en vente libre ; consulter un professionnel avant les prises prolongées ;
  • Traiter rapidement les infections urinaires et suivre les recommandations médicales;
  • Cesser de fumer et modérer la consommation d’alcool ;
  • Effectuer des bilans rénaux réguliers si vous avez des facteurs de risque ou des antécédents familiaux.

Que faire si vous êtes à risque ou inquiet ?

Parlez à votre médecin traitant pour demander un bilan rénal de basen (créatinine/eGFR, ACR) et un suivi adapté. Le dépistage précoce et la prise en charge des facteurs de risque (diabète, hypertension, obésité) réduisent fortement le risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale nécessitant dialyse ou transplantation.

Ainsi, la Journée mondiale du rein est l’occasion de se rappeler que la santé rénale se protège au quotidien. Sensibilisation, dépistage précoce et adoption de comportements préventifs peuvent sauver des reins et améliorer la qualité de vie.

Dr Balolo Cordule Dermaologue HPGRB

Dermatologie à l’HPGRB : Une spécialité exigeante portée par le Dr Balola Cordule

La dermatologie concerne des affections fréquentes qui peuvent avoir un impact important sur la santé et le bien-être des patients. À l’HPGRB, cette spécialité est assurée par des hommes et des femmes formés et engagés, qui accompagnent les patients avec rigueur et écoute.

Dans cet entretien avec la cellule de communication de l’HPGRBukavu, le Dr Balola Cirushage Cordule, dermatologue-vénérologue à l’HPGRB, revient sur son parcours, son choix de la dermatologie, les réalités de sa pratique et sa vision pour l’avenir. Un échange qui permet de mieux comprendre cette discipline et le travail qui s’y fait au sein de notre hôpital.

1. Pour ouvrir ce portrait, pouvez-vous vous présenter et nous dire, en quelques mots, ce qui définit le mieux votre parcours jusqu’à devenir dermatologue aujourd’hui ?

Je suis le Dr Balola Cirushage Cordule, médecin dermatologue-vénérologue. J’ai effectué mes études primaires au Complexe Scolaire Le Progrès, puis mes humanités scientifiques en biologie-chimie au Lycée Wima. Je suis diplômée de la Faculté de Médecine de l’UCB depuis l’année académique 2015-2016.

Depuis 2018, je suis assistante au département de médecine interne. J’ai débuté en cardiologie avant de poursuivre une spécialisation de quatre ans en dermatologie-vénérologie à l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin. J’ai également obtenu un certificat de formation partielle en dermatologie à l’Université Catholique de Louvain, en Belgique.”

2. À quel moment avez-vous compris que la dermatologie était faite pour vous ?

Au cours de ma deuxième année de formation, à vrai dire (rires). J’étais déjà intéressée par les soins dermatologiques pendant mon assistanat, mais la passion s’est réellement développée au contact de personnes qui m’ont aidée à mieux comprendre cette discipline, parfois insuffisamment détaillée durant la formation de base.

3. Quelles interrogations vous préoccupaient encore à ce moment-là ?

Lors de la préparation de l’examen d’admission, en découvrant l’ampleur des matières à étudier, je me demandais comment j’allais réussir à tout assimiler. Ma curiosité m’a toujours poussée à chercher à comprendre les mécanismes en profondeur, ce qui demandait un investissement important.”

4. Avez-vous hésité avec une autre spécialité ou traversé des périodes de doute ?

Non, pas réellement. Mon objectif était clair : acquérir une formation solide en dermatologie. Les exigences étaient élevées et le stress parfois important, mais cela n’a jamais remis en cause mon choix.”

La réalité du métier

1.Qu’est-ce que votre pratique quotidienne vous confirme aujourd’hui sur le fait que vous avez fait le bon choix ?

Chaque fois que je parviens à soulager un patient ou à lui expliquer sa pathologie, je ressens une grande satisfaction professionnelle. Cela donne tout son sens à mon engagement.”

2.Qu’est-ce qui vous a le plus marquée entre l’image que vous aviez du métier et la réalité du terrain ?

La dermatologie est une discipline riche et complexe. Elle nécessite une analyse approfondie, une formation continue et des outils diagnostiques adaptés. Plus on avance, plus on en découvre la profondeur.”

3.Quelle idée reçue sur la dermatologie aimeriez-vous corriger ?

La dermatologie est une spécialité exigeante qui demande rigueur, réflexion et engagement, au même titre que les autres disciplines médicales.”

Exigences et responsabilités professionnelles

1.Comment définissez-vous votre rôle de dermatologue aujourd’hui, au-delà de l’acte médical ?https://studio.youtube.com/video/ht0fx2SGePE/edit

Le dermatologue accompagne souvent le patient sur des aspects liés à l’image de soi et à la vie sociale. Le conseil en dermo-cosmétique et l’écoute font partie intégrante de la prise en charge.

2.Quels sont, selon vous, les grands enjeux actuels de la dermatologie, notamment en matière de prévention et d’accès aux soins ?

“L’accès aux soins spécialisés demeure un défi. Le coût des examens et des traitements peut retarder la consultation, ce qui complique la prise en charge. La prévention et l’information restent essentielles.”

Leadership et place des femmes en médecine

1. En tant que jeune femme médecin, avez-vous rencontré des défis particuliers dans votre parcours ou votre prise de poste ?

“Sur le plan social, certaines interrogations ont parfois été exprimées concernant mes choix personnels. En revanche, sur le plan professionnel, je n’ai pas rencontré de difficultés liées à mon statut de femme. À l’HPGRB, les compétences et le professionnalisme sont les principaux critères de reconnaissance.”

2.Comment avez-vous appris à trouver votre place, à vous affirmer et à construire votre légitimité professionnelle ?

“Par le travail, la rigueur et la constance dans la pratique quotidienne.”

3.Pensez-vous que la féminisation de la médecine transforme les pratiques ou les modes de leadership ?

Oui. Elle contribue à une approche plus attentive, organisée et humaine des soins, tout en maintenant un haut niveau d’exigence professionnelle.

Vision et avenir

1.Quelles évolutions vous semblent prioritaires pour l’avenir de la dermatologie ?

La disponibilité des outils diagnostiques et des médicaments essentiels, indispensables à une prise en charge efficace des pathologies dermatologiques et des maladies associées.”

2.Comment aimeriez-vous exercer votre métier dans dix ou vingt ans ?

Je souhaite voir se développer des compétences spécialisées dans différents domaines de la dermatologie. Le niveau de la dermatologie à l’HPGRB et à Bukavu pourra être comparable à celui d’autres régions, grâce à la formation continue et à l’engagement institutionnel.

3. Si vous aviez 18 ou 20 ans aujourd’hui, referiez-vous le même choix de parcours ? Pourquoi ?

Oui, sans hésitation. Chaque étape et chaque difficulté ont contribué à construire le médecin que je suis aujourd’hui. Ce parcours a été exigeant, mais formateur et enrichissant.

4. Qu’est-ce que vous auriez aimé entendre avant de vous lancer dans ces études exigeantes ?

Que le chemin ne serait pas facile, qu’il y aurait des moments de forte pression et des choix difficiles à faire, mais que l’aboutissement en vaudrait la peine.”

5. Quel message essentiel souhaitez-vous transmettre aux jeunes, et en particulier aux jeunes femmes ?

“Si le choix devait être refait, il serait le même. Chaque étape du parcours a contribué à la construction d’une pratique médicale solide. Malgré les exigences et les difficultés, la finalité en vaut la peine. Notre pays et notre région ont encore besoin de nombreux dermatologues. Les besoins sont importants et les opportunités de contribuer concrètement à l’amélioration des soins sont réelles”.

À travers cet entretien, le Dr Balola Cirushage Cordule partage une expérience professionnelle marquée par la rigueur, l’engagement et le sens des responsabilités. Ce témoignage enregistré par le service de communication de l’hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu, met en lumière le travail réalisé en dermatologie à l’HPGRB et l’importance de renforcer l’accès à des soins spécialisés de qualité pour la population.

HPGRBukavu-JM des malades 2026 : là où les soins s’accompagnent de foi et de solidarité

À l’occasion de la Journée mondiale des malades, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu réaffirme sa mission : soigner, soutenir et restaurer la dignité des patients les plus vulnérables.

A cette 34ᵉ Journée Mondiale des Malades, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu a joint le geste à la prière. Grâce à un élan de solidarité, 58 patients guéris ont vu leurs factures prises en charge et ont pu regagner leurs domiciles, le cœur soulagé.

La chapelle de l’aumônerie catholique de l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) a vibré au rythme des chants et des prières lors de la célébration eucharistique, marquant cette Journée mondiale des malades. Malades, membres du personnel soignant et familles s’y sont réunis pour un moment de recueillement placé sous le signe de l’espérance et de la compassion.
Ayant pour thème : « La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l’autre ».

Dans son homélie, Monseigneur le Vicaire général de l’archidiocèse de Bukavu a exhorté les fidèles à continuer de traduire leur foi en actes concrets de charité envers les plus vulnérables. Un appel qui n’est pas resté lettre morte.
Au terme de la célébration, un geste fort a été posé : la remise des factures de soins de 58 patients déjà déclarés guéris, mais contraints de prolonger leur séjour à l’hôpital faute de moyens financiers.

Pour le Docteur Kujirakwinja Yvette, présidente de la commission sociale de l’HPGRB, cette initiative traduit l’engagement social de l’établissement :

« Notre mission ne s’arrête pas à la guérison médicale. Il est essentiel que les patients retrouvent aussi leur dignité. Grâce à la mobilisation des bienfaiteurs et du personnel, ces 58 personnes peuvent aujourd’hui rentrer chez elles », a-t-elle expliqué, avant de poursuivre :
« Nous remercions tous les bienfaiteurs, le mouvement marial, le personnel de l’hôpital ainsi que la Direction, qui ont permis aux malades de sortir de l’hôpital. Nous avons foi qu’avec les enveloppes distribuées aujourd’hui, et d’autres contributions, nous viendrons en aide à plusieurs autres personnes avant la fin de ce mois. »
Elle a rappelé que la commission sociale identifie régulièrement les patients en situation de grande précarité afin de leur apporter un accompagnement adapté, mettant ainsi fin à une attente douloureuse.

De son côté, le Médecin Directeur de l’HPGRB, le Professeur Dr Guy Mulinganya Mulumeoderhwa, a salué la générosité des donateurs et l’implication du personnel hospitalier.
« Il est toujours douloureux de voir des patients guéris rester à l’hôpital uniquement pour des raisons financières. L’acte posé aujourd’hui est un signal fort de solidarité. Nous remercions tous ceux qui ont contribué à cette œuvre et nous espérons que cet élan se poursuivra. J’adresse tous nos remerciements à notre Dieu, maître du temps et des circonstances… Il demeure notre roc… Nous ne comprenons pas toujours les événements, mais nous savons qu’Il marche avec nous.
Nous exprimons aussi notre profonde gratitude à l’Archevêché de Bukavu pour son assistance constante et inconditionnelle. Nous disons merci à tous ceux et celles qui contribuent à la prise en charge de nos malades : certains par des moyens financiers, d’autres par des médicaments, d’autres encore par des équipements, et enfin par la prière.
Je remercie plus particulièrement le CICR pour sa contribution, surtout en cette période de crise. Nous adressons également nos sincères remerciements aux CEV et à tous ceux qui apportent de la nourriture, du savon, etc., aux malades… Que Dieu vous le rende au centuple.
Chers malades, vous êtes le Christ souffrant au milieu de nous… Votre foi nous enseigne. Chers membres du personnel de l’HPGRB, continuons à travailler avec empathie. Les moyens sont limités, mais notre mission est grande… »,
a-t-il déclaré.

Pour les bénéficiaires, l’émotion était palpable. Certains, les larmes aux yeux, ont exprimé leur reconnaissance.
« Nous étions guéris, mais sans moyens pour payer. Nous sommes nombreux et nous ne savions pas comment rentrer chez nous. Aujourd’hui, je vais retrouver ma famille avec un grand soulagement après deux mois passés ici à l’hôpital. Que Dieu bénisse tous ceux qui nous ont aidés », a confié l’une d’eux.


Une autre d’ajouter :
« Je m’appelle Bertine. Je suis arrivée ici en novembre et c’est une grâce pour moi de voir ma facture payée afin de rentrer chez moi. J’ai passé deux mois sous oxygène. Je souffrais terriblement, plusieurs organes étaient touchés. Je me demandais où j’allais trouver l’argent pour payer ma facture, mais grâce à la mobilisation de la commission sociale, je suis enfin libre de rentrer chez moi… Je suis très reconnaissante et heureuse », a-t-elle souligné.


La journée ne s’est pas limitée à la célébration eucharistique. Des vivres et des biens non alimentaires ont été distribués aux malades hospitalisés, grâce à la collaboration entre le mouvement marial et la commission sociale de l’hôpital. Des enveloppes ont également été récupérées avec engouement par les participants à la messe, dans l’espoir de réunir d’autres fonds pour la prise en charge d’autres malades dans le besoin.

À travers cette action, l’HPGRB réaffirme sa volonté d’allier soins médicaux, accompagnement spirituel et engagement social. Pour ces 58 patients, la Journée mondiale des malades restera gravée comme celle d’un double miracle : la guérison du corps et le retour à la maison.