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HPGRBukavu-JM des malades 2026 : là où les soins s’accompagnent de foi et de solidarité

À l’occasion de la Journée mondiale des malades, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu réaffirme sa mission : soigner, soutenir et restaurer la dignité des patients les plus vulnérables.

A cette 34ᵉ Journée Mondiale des Malades, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu a joint le geste à la prière. Grâce à un élan de solidarité, 58 patients guéris ont vu leurs factures prises en charge et ont pu regagner leurs domiciles, le cœur soulagé.

La chapelle de l’aumônerie catholique de l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) a vibré au rythme des chants et des prières lors de la célébration eucharistique, marquant cette Journée mondiale des malades. Malades, membres du personnel soignant et familles s’y sont réunis pour un moment de recueillement placé sous le signe de l’espérance et de la compassion.
Ayant pour thème : « La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l’autre ».

Dans son homĂ©lie, Monseigneur le Vicaire gĂ©nĂ©ral de l’archidiocèse de Bukavu a exhortĂ© les fidèles Ă  continuer de traduire leur foi en actes concrets de charitĂ© envers les plus vulnĂ©rables. Un appel qui n’est pas restĂ© lettre morte.
Au terme de la célébration, un geste fort a été posé : la remise des factures de soins de 58 patients déjà déclarés guéris, mais contraints de prolonger leur séjour à l’hôpital faute de moyens financiers.

Pour le Docteur Kujirakwinja Yvette, présidente de la commission sociale de l’HPGRB, cette initiative traduit l’engagement social de l’établissement :

« Notre mission ne s’arrête pas à la guérison médicale. Il est essentiel que les patients retrouvent aussi leur dignité. Grâce à la mobilisation des bienfaiteurs et du personnel, ces 58 personnes peuvent aujourd’hui rentrer chez elles », a-t-elle expliqué, avant de poursuivre :
« Nous remercions tous les bienfaiteurs, le mouvement marial, le personnel de l’hôpital ainsi que la Direction, qui ont permis aux malades de sortir de l’hôpital. Nous avons foi qu’avec les enveloppes distribuées aujourd’hui, et d’autres contributions, nous viendrons en aide à plusieurs autres personnes avant la fin de ce mois. »
Elle a rappelé que la commission sociale identifie régulièrement les patients en situation de grande précarité afin de leur apporter un accompagnement adapté, mettant ainsi fin à une attente douloureuse.

De son côté, le Médecin Directeur de l’HPGRB, le Professeur Dr Guy Mulinganya Mulumeoderhwa, a salué la générosité des donateurs et l’implication du personnel hospitalier.
« Il est toujours douloureux de voir des patients guĂ©ris rester Ă  l’hĂ´pital uniquement pour des raisons financières. L’acte posĂ© aujourd’hui est un signal fort de solidaritĂ©. Nous remercions tous ceux qui ont contribuĂ© Ă  cette Ĺ“uvre et nous espĂ©rons que cet Ă©lan se poursuivra. J’adresse tous nos remerciements Ă  notre Dieu, maĂ®tre du temps et des circonstances… Il demeure notre roc… Nous ne comprenons pas toujours les Ă©vĂ©nements, mais nous savons qu’Il marche avec nous.
Nous exprimons aussi notre profonde gratitude à l’Archevêché de Bukavu pour son assistance constante et inconditionnelle. Nous disons merci à tous ceux et celles qui contribuent à la prise en charge de nos malades : certains par des moyens financiers, d’autres par des médicaments, d’autres encore par des équipements, et enfin par la prière.
Je remercie plus particulièrement le CICR pour sa contribution, surtout en cette période de crise. Nous adressons également nos sincères remerciements aux CEV et à tous ceux qui apportent de la nourriture, du savon, etc., aux malades… Que Dieu vous le rende au centuple.
Chers malades, vous êtes le Christ souffrant au milieu de nous… Votre foi nous enseigne. Chers membres du personnel de l’HPGRB, continuons à travailler avec empathie. Les moyens sont limités, mais notre mission est grande… »,
a-t-il déclaré.

Pour les bénéficiaires, l’émotion était palpable. Certains, les larmes aux yeux, ont exprimé leur reconnaissance.
« Nous étions guéris, mais sans moyens pour payer. Nous sommes nombreux et nous ne savions pas comment rentrer chez nous. Aujourd’hui, je vais retrouver ma famille avec un grand soulagement après deux mois passés ici à l’hôpital. Que Dieu bénisse tous ceux qui nous ont aidés », a confié l’une d’eux.


Une autre d’ajouter :
« Je m’appelle Bertine. Je suis arrivée ici en novembre et c’est une grâce pour moi de voir ma facture payée afin de rentrer chez moi. J’ai passé deux mois sous oxygène. Je souffrais terriblement, plusieurs organes étaient touchés. Je me demandais où j’allais trouver l’argent pour payer ma facture, mais grâce à la mobilisation de la commission sociale, je suis enfin libre de rentrer chez moi… Je suis très reconnaissante et heureuse », a-t-elle souligné.


La journée ne s’est pas limitée à la célébration eucharistique. Des vivres et des biens non alimentaires ont été distribués aux malades hospitalisés, grâce à la collaboration entre le mouvement marial et la commission sociale de l’hôpital. Des enveloppes ont également été récupérées avec engouement par les participants à la messe, dans l’espoir de réunir d’autres fonds pour la prise en charge d’autres malades dans le besoin.

À travers cette action, l’HPGRB réaffirme sa volonté d’allier soins médicaux, accompagnement spirituel et engagement social. Pour ces 58 patients, la Journée mondiale des malades restera gravée comme celle d’un double miracle : la guérison du corps et le retour à la maison.

La Commission Sociale de l’HĂ´pital Provincial GĂ©nĂ©ral de RĂ©fĂ©rence de Bukavu assiste 14 personnes malades guĂ©ris sortis non sortis.

C’est via  la chapelle de l’aumĂ´nerie catholique de l’hĂ´pital que les billets des sorties ont Ă©tĂ© remis aux patients dont les conditions rĂ©pondaient aux critères de sĂ©lection Ă  cette assistance qu’offre trimestriellement la commission sociale aux patients indigents. Parmi les patients, on note des hommes, des femmes et un grand nombre d’enfants qui avaient dĂ©jĂ  payĂ© Ă  la caisse de l’hĂ´pital, une part non nĂ©gligeable de leurs factures des soins.

Selon l’AbbĂ© Protais Hamuli, il s’agit d’un geste de compassion aux familles meurtries, mais qui tĂ©moignent de la volontĂ© de quitter l’hĂ´pital malgrĂ© quelques problèmes financiers qui touchent de nombreuses familles lorsqu’une maladie frappe Ă  la porte.

 Â«Il y a beaucoup de patients qui restent Ă  l’HĂ´pital pour non-paiement des factures, nous comptons sur la  bienveillance des cĹ“urs gĂ©nĂ©reux pour nous permettre de bien mener notre mission caritative Â».

La commission sociale croit qu’avec l’apport de tout un chacun, les autres cas des patients guĂ©ris « sortis non sortis » peuvent regagner leurs domiciles en toute dignitĂ©.

En outre, elle fait savoir que des mesures exceptionnelles sont prises par le Comité de Direction et les finances en faveur des patients les plus vulnérables et ceux qui paient progressivement leurs factures.

De leur part, les bĂ©nĂ©ficiaires de ce geste, n’ont pas cachĂ© leur satisfaction

 « Je dis grand merci Ă  l’HĂ´pital Provincial pour tout. J’ai accouchĂ© d’un enfant prĂ©maturĂ© et cela fait 5 mois depuis que je suis lĂ . J’avais reçu une facture de 1000 dollars, j’avais dĂ©jĂ  payĂ© 700 et aujourd’hui la commission sociale vient de payer le reste, vraiment, que Dieu vous bĂ©nisse et continuez ainsi. Je remercie et fĂ©licite mon Ă©poux qui a tout fait pour payer l’avance. Je conseille aux autres sortis non sortis de faire comme nous en payant progressivement leurs factures des soins, c’est important », fait savoir Cinama Ndusha, mère d’un enfant prĂ©maturĂ©, larmes aux yeux.

De son côté, Mushagalusa Simba Gentil renchérit

« Mon enfant a fait environ 4 mois en soins intensifs, je suis venu ici avec elle, ils l’ont traitĂ© sans rien demander tout ce temps. Il me restait 300 dollars et je me demandais oĂą est-ce que je pouvais trouver cette somme, mais grâce Ă  Dieu, l’on vient de m’annoncer que mon enfant peut sortir…vraiment, ma femme et moi sommes très contents et reconnaissants Â»

Plusieurs malades guĂ©ris restent Ă  l’HPGRB pour non-paiement des factures des soins, c’est le cas de Judith Nyakasane

« J’ai dĂ©jĂ  6 mois ici, mais je remercie Dieu car certaines d’entre nous vont regagner leurs maisons grâce aux efforts communs avec la commission sociale de l’HĂ´pital. Moi j’ai accouchĂ© par cĂ©sarienne et mon enfant est suivi Ă  la nĂ©onatologie. J’ai la foi que je vais aussi sortir avec l’aide des personnes gĂ©nĂ©reuses. Je m’efforce de payer peu Ă  peu ma facture, malgrĂ© mon handicap et je pense que tout le monde doit s’efforcer aussi pour permettre Ă  l’HĂ´pital de bien faire son travail. Si ils ne paient pas, d’oĂą sortiront les mĂ©dicaments pour soigner les autres et oĂą seront accueillis les nouveaux malades ? », dĂ©clare Judith Nyakasane, avant de renchĂ©rir, toute confiante

« je ne suis pas riche, je n’ai pas de connaissance avec quiconque, mais la façon dont les mĂ©decins se soucient de mon enfant Joseph Miradi est traitĂ© ici, je ne peux que dire que Dieu est grand vraiment. C’est un hĂ´pital oĂą règne l’humanisme. Ils sont compris que c’est mon enfant qui m’aidera dans mon handicap… L’HĂ´pital Provincial GĂ©nĂ©ral de RĂ©fĂ©rence de Bukavu, c’est le rĂ©parateur de l’homme”

Selon l’Ă©tat financier et le rapport du service d’Administration des patients de l’HĂ´pital Provincial GĂ©nĂ©ral de RĂ©fĂ©rence de Bukavu Ă  la date du  8/10/2024, 104 personnes dont 45 femmes, 22 enfants et 37 hommes n’ont pas payĂ© leurs factures dont le montant total est d’environ 93000 dollars amĂ©ricains.

 Notons que l’HPGRB reçoit chaque jour des patients qui viennent des territoires du Sud-Kivu ou des coins reculĂ©s de la ville de Bukavu, et la plupart arrive dans un Ă©tat très critique, et leur prise en charge implique des moyens consĂ©quents.