L’hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) joue un rôle majeur dans la lutte contre la tuberculose (TB) au Sud‑Kivu. Cet article présente le service de microbiologie, les outils diagnostiques utilisés, les principaux résultats locaux et les perspectives pour atteindre l’objectif « Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ».
1. Le service de microbiologie et le contexte régional
Le laboratoire de microbiologie de l’HPGRB assure le diagnostic et le suivi des cas de tuberculose pour la province. En 2020, les statistiques départementales ont montré un important déficit de détection : 8 200 cas notifiés pour environ 20 000 attendus, soit un fossé d’environ 12 000 cas non enquêtés. Cette sous‑détection s’explique par plusieurs facteurs : accès limité aux centres de dépistage, précarité économique, mobilité professionnelle (mutations militaires et policières) et obstacles liés à la connaissance de la maladie. Sur la charge hospitalière, la tuberculose représentait 3,3 % des admissions en médecine interne à l’HPGRB, confirmant l’importance clinique de la maladie dans la région.
2. Diagnostic : l’apport du GeneXpert et la complémentarité avec la microscopie
L’HPGRB a intégré l’automate GeneXpert MTB/RIF, une technique de biologie moléculaire qui a transformé le diagnostic de la TB. Par rapport à la microscopie de Ziehl‑Neelsen, le GeneXpert :
– détecte plus rapidement Mycobacterium tuberculosis,
– identifie la résistance à la rifampicine, ce qui permet de repérer précocement les cas de tuberculose multirésistante (TB‑MR),
– montre une efficacité particulièrement marquée chez les patients vivant avec le VIH, d’après les études locales.
La sensibilité du GeneXpert est élevée (aux alentours de 95,2 %), mais n’est pas « maximale » dans tous les contextes. Pour cette raison, l’établissement recommande la complémentarité avec la microscopie et l’évaluation clinique afin d’optimiser le diagnostic, surtout chez les patients paucibacillaires.
3. Suivi des patients et défis d’adhésion au traitement
Le suivi thérapeutique reste un défi majeur. Les données locales indiquent que 98,1 % des abandons de traitement surviennent avant le cinquième mois. Les raisons sont multiples : sentiment prématuré de guérison, difficultés économiques, instabilité professionnelle, et parfois désespoir face à la durée du traitement. Malgré ces obstacles, les enquêtes de satisfaction (QTSA) montrent que 85 % à 92 % des patients se déclarent satisfaits des soins à l’HPGRB, notamment grâce à la gratuité des médicaments et aux conseils fournis par l’équipe soignante.
4. Plateau technique et perspectives
L’HPGRB dispose d’un plateau technique avancé (imagerie médicale, scanner, laboratoire moderne), qui renforce la capacité de diagnostic et de prise en charge par rapport à d’autres centres de la région. Le thème 2026 « Oui ! Nous pouvons en finir avec la tuberculose : s’engager, investir, agir » est porteur d’espoir.
Toutefois, atteindre l’objectif national d’élimination d’ici 2035 exigera un renforcement des financements, une détection active des cas manquants et une mobilisation multisectorielle soutenue.
5. Message aux habitants de Bukavu
Si vous toussez depuis plus de deux semaines, ne tardez pas : rendez‑vous dans un centre de dépistage. L’HPGRB propose des tests diagnostiques modernes (dont le GeneXpert), des médicaments gratuits et des conseils. Un diagnostic précoce et un traitement suivi augmentent fortement les chances de guérison et protègent votre entourage.
La lutte contre la tuberculose à Bukavu progresse grâce aux technologies modernes et à l’engagement des équipes de l’HPGRB. Pour transformer l’espoir en réalité, il reste essentiel d’améliorer l’accès au dépistage, de réduire les abandons de traitement et de maintenir les investissements locaux et internationaux.
Pour plus d’informations ou pour prendre rendez‑vous : contactez le service de microbiologie de l’HPGRB.

