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Dermatologie à l’HPGRB : Une spécialité exigeante portée par le Dr Balola Cordule

Dr Balolo Cordule Dermaologue HPGRB

La dermatologie concerne des affections fréquentes qui peuvent avoir un impact important sur la santé et le bien-être des patients. À l’HPGRB, cette spécialité est assurée par des hommes et des femmes formés et engagés, qui accompagnent les patients avec rigueur et écoute.

Dans cet entretien avec la cellule de communication de l’HPGRBukavu, le Dr Balola Cirushage Cordule, dermatologue-vénérologue à l’HPGRB, revient sur son parcours, son choix de la dermatologie, les réalités de sa pratique et sa vision pour l’avenir. Un échange qui permet de mieux comprendre cette discipline et le travail qui s’y fait au sein de notre hôpital.

1. Pour ouvrir ce portrait, pouvez-vous vous présenter et nous dire, en quelques mots, ce qui définit le mieux votre parcours jusqu’à devenir dermatologue aujourd’hui ?

Je suis le Dr Balola Cirushage Cordule, médecin dermatologue-vénérologue. J’ai effectué mes études primaires au Complexe Scolaire Le Progrès, puis mes humanités scientifiques en biologie-chimie au Lycée Wima. Je suis diplômée de la Faculté de Médecine de l’UCB depuis l’année académique 2015-2016.

Depuis 2018, je suis assistante au département de médecine interne. J’ai débuté en cardiologie avant de poursuivre une spécialisation de quatre ans en dermatologie-vénérologie à l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin. J’ai également obtenu un certificat de formation partielle en dermatologie à l’Université Catholique de Louvain, en Belgique.”

2. À quel moment avez-vous compris que la dermatologie était faite pour vous ?

Au cours de ma deuxième année de formation, à vrai dire (rires). J’étais déjà intéressée par les soins dermatologiques pendant mon assistanat, mais la passion s’est réellement développée au contact de personnes qui m’ont aidée à mieux comprendre cette discipline, parfois insuffisamment détaillée durant la formation de base.

3. Quelles interrogations vous préoccupaient encore à ce moment-là ?

Lors de la préparation de l’examen d’admission, en découvrant l’ampleur des matières à étudier, je me demandais comment j’allais réussir à tout assimiler. Ma curiosité m’a toujours poussée à chercher à comprendre les mécanismes en profondeur, ce qui demandait un investissement important.”

4. Avez-vous hésité avec une autre spécialité ou traversé des périodes de doute ?

Non, pas réellement. Mon objectif était clair : acquérir une formation solide en dermatologie. Les exigences étaient élevées et le stress parfois important, mais cela n’a jamais remis en cause mon choix.”

La réalité du métier

1.Qu’est-ce que votre pratique quotidienne vous confirme aujourd’hui sur le fait que vous avez fait le bon choix ?

Chaque fois que je parviens à soulager un patient ou à lui expliquer sa pathologie, je ressens une grande satisfaction professionnelle. Cela donne tout son sens à mon engagement.”

2.Qu’est-ce qui vous a le plus marquée entre l’image que vous aviez du métier et la réalité du terrain ?

La dermatologie est une discipline riche et complexe. Elle nécessite une analyse approfondie, une formation continue et des outils diagnostiques adaptés. Plus on avance, plus on en découvre la profondeur.”

3.Quelle idée reçue sur la dermatologie aimeriez-vous corriger ?

La dermatologie est une spécialité exigeante qui demande rigueur, réflexion et engagement, au même titre que les autres disciplines médicales.”

Exigences et responsabilités professionnelles

1.Comment définissez-vous votre rôle de dermatologue aujourd’hui, au-delà de l’acte médical ?https://studio.youtube.com/video/ht0fx2SGePE/edit

Le dermatologue accompagne souvent le patient sur des aspects liés à l’image de soi et à la vie sociale. Le conseil en dermo-cosmétique et l’écoute font partie intégrante de la prise en charge.

2.Quels sont, selon vous, les grands enjeux actuels de la dermatologie, notamment en matière de prévention et d’accès aux soins ?

“L’accès aux soins spécialisés demeure un défi. Le coût des examens et des traitements peut retarder la consultation, ce qui complique la prise en charge. La prévention et l’information restent essentielles.”

Leadership et place des femmes en médecine

1. En tant que jeune femme médecin, avez-vous rencontré des défis particuliers dans votre parcours ou votre prise de poste ?

“Sur le plan social, certaines interrogations ont parfois été exprimées concernant mes choix personnels. En revanche, sur le plan professionnel, je n’ai pas rencontré de difficultés liées à mon statut de femme. À l’HPGRB, les compétences et le professionnalisme sont les principaux critères de reconnaissance.”

2.Comment avez-vous appris à trouver votre place, à vous affirmer et à construire votre légitimité professionnelle ?

“Par le travail, la rigueur et la constance dans la pratique quotidienne.”

3.Pensez-vous que la féminisation de la médecine transforme les pratiques ou les modes de leadership ?

Oui. Elle contribue à une approche plus attentive, organisée et humaine des soins, tout en maintenant un haut niveau d’exigence professionnelle.

Vision et avenir

1.Quelles évolutions vous semblent prioritaires pour l’avenir de la dermatologie ?

La disponibilité des outils diagnostiques et des médicaments essentiels, indispensables à une prise en charge efficace des pathologies dermatologiques et des maladies associées.”

2.Comment aimeriez-vous exercer votre métier dans dix ou vingt ans ?

Je souhaite voir se développer des compétences spécialisées dans différents domaines de la dermatologie. Le niveau de la dermatologie à l’HPGRB et à Bukavu pourra être comparable à celui d’autres régions, grâce à la formation continue et à l’engagement institutionnel.

3. Si vous aviez 18 ou 20 ans aujourd’hui, referiez-vous le même choix de parcours ? Pourquoi ?

Oui, sans hésitation. Chaque étape et chaque difficulté ont contribué à construire le médecin que je suis aujourd’hui. Ce parcours a été exigeant, mais formateur et enrichissant.

4. Qu’est-ce que vous auriez aimé entendre avant de vous lancer dans ces études exigeantes ?

Que le chemin ne serait pas facile, qu’il y aurait des moments de forte pression et des choix difficiles à faire, mais que l’aboutissement en vaudrait la peine.”

5. Quel message essentiel souhaitez-vous transmettre aux jeunes, et en particulier aux jeunes femmes ?

“Si le choix devait être refait, il serait le même. Chaque étape du parcours a contribué à la construction d’une pratique médicale solide. Malgré les exigences et les difficultés, la finalité en vaut la peine. Notre pays et notre région ont encore besoin de nombreux dermatologues. Les besoins sont importants et les opportunités de contribuer concrètement à l’amélioration des soins sont réelles”.

À travers cet entretien, le Dr Balola Cirushage Cordule partage une expérience professionnelle marquée par la rigueur, l’engagement et le sens des responsabilités. Ce témoignage enregistré par le service de communication de l’hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu, met en lumière le travail réalisé en dermatologie à l’HPGRB et l’importance de renforcer l’accès à des soins spécialisés de qualité pour la population.