La combinaison de la médecine tradipraticienne et de la médecine moderne soulève des enjeux importants en matière de sécurité et d’efficacité des traitements. Bien que cette approche intégrative puisse sembler bénéfique pour certains patients, elle comporte des risques notables.
Tout d’abord, l’un des principaux dangers réside dans le manque de formation adéquate des praticiens en médecine traditionnelle. Ces derniers peuvent ne pas être familiarisés avec les principes de la médecine moderne, tels que la pharmacologie et les interactions médicamenteuses.
Par conséquent, l’administration simultanée de remèdes traditionnels et de médicaments modernes peut entraîner des réactions indésirables graves. Par exemple, certaines plantes médicinales peuvent interférer avec l’efficacité des médicaments prescrits, réduisant ainsi leur action thérapeutique ou, à l’inverse, provoquant des effets secondaires inattendus.
Ensuite, la non-communication entre les différents praticiens représente un autre risque. Si un patient consulte à la fois un médecin moderne et un tradipraticien sans qu’ils ne partagent d’informations sur les traitements administrés, cela peut conduire à des erreurs médicales. Une telle situation peut compromettre la santé du patient, notamment en cas d’allergies ou de contre-indications.

De plus, la perception de la médecine traditionnelle comme étant plus “naturelle” peut amener certains patients à négliger les soins médicaux modernes essentiels. Cela peut retarder le diagnostic et le traitement de maladies graves, rendant les soins moins efficaces et augmentant le risque de complications.
” La phytothérapie, pratique séculaire recourant à l’utilisation des plantes médicinales pour traiter naturellement certains troubles de santé, est souvent considérée comme une médecine douce mais est aussi malheureusement à l’origine de plusieurs complications dont les principales touchent le foie, le rein, l’estomac et le système nerveux.
Il est estimé que près d’une personne sur cinq qui utilisent ces produits de manière ponctuelle ou chronique présenterait l’une ou l’autre de ces complications.
Ces complications sont liées à plusieurs facteurs dont la non maîtrise des doses toxiques, l’effet des sous-composants toxiques, les interactions médicamenteuses où une toxicité directe à des doses minimes chez les patients avec pathologie rénale ou hépatique méconnue.
La prudence s’impose donc ! Naturel ne veut pas dire sans risque ! “, souligne le professeur Dr Tony Shindano, Hépato-gastro-entérologue à l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu
Enfin, il est crucial de souligner que les pratiques tradipraticiennes ne sont pas toujours soumises aux mêmes normes de régulation et de contrôle qualité que les médicaments modernes. Cela peut exposer les patients à des produits de qualité variable, voire dangereux.
En somme, bien que la complémentarité entre ces deux approches puisse être envisagée, elle doit être réalisée avec prudence et sous la supervision de professionnels qualifiés pour garantir la sécurité des patients.

