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Alimentation saine, équilibrée et accessible : Les clés pour préserver la santé au quotidien à Bukavu

À l’occasion du rappel annuel entourant la Journée Mondiale de l’Alimentation du 16 octobre, les enjeux liés à la nutrition et à l’accès à une alimentation équilibrée demeurent au centre des réflexions de santé publique au Sud-Kivu. À l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB), la réponse à ces défis s’articule aussi bien autour de la prévention que de la prise en charge clinique, portée notamment par une unité spécialisée au sein du département de pédiatrie, chargée des questions de nutrition et d’alimentation.

1. Alimentation équilibrée et sécurité nutritionnelle : Comprendre les bases

Une alimentation équilibrée consiste à apporter à l’organisme l’ensemble des nutriments essentiels en quantités adéquates afin d’assurer son bon fonctionnement et de couvrir ses besoins à chaque étape de la vie (nourrissons, enfants, femmes enceintes, adultes et personnes âgées).

La sécurité nutritionnelle garantit quant à elle que chaque individu bénéficie d’un accès physique et économique permanent à une nourriture saine, nutritive et suffisante.

2. L’alimentation comme première médecine : Prévenir les risques sanitaires

Une nutrition inadaptée constitue un facteur de risque majeur pour la santé de la communauté. À Bukavu, elle se traduit aussi bien par la malnutrition aiguë ou chronique et les carences micronutritionnelles que par le développement de maladies métaboliques ou cardiovasculaires comme le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité.

À l’inverse, une alimentation saine joue un rôle protecteur fondamental : elle renforce le système immunitaire, prévient la survenue de complications graves et accélère la guérison des malades hospitalisés. Chez le jeune enfant, des apports nutritionnels adéquats sont indispensables pour éviter la fatigue, la baisse d’énergie et les retards de croissance.

Par ailleurs, les travaux de recherche menés au sein de la Faculté de Médecine de l’Université Catholique de Bukavu (Nyakasane Muhimuzi et al., 2021) démontrent que les effets de la dénutrition précoce et du faible poids de naissance s’étendent bien au-delà de la petite enfance. Ces études mettent en évidence que les déficits nutritionnels subis dès les premiers stades de la vie prédisposent les enfants à des altérations métaboliques et endocriniennes durables, augmentant le risque de développer à l’âge adulte des pathologies chroniques telles que l’hypertension artérielle, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. La détection précoce de perturbations physiologiques chez les jeunes enfants dénutris confirme ainsi l’importance critique d’un suivi médical et diététique soutenu afin de prévenir ces complications irréversibles à long terme.

3. Valoriser les produits locaux et adopter des pratiques culinaires saines

Composer des repas nutritifs au quotidien ne nécessite pas de recettes complexes ou onéreuses. Les ménages peuvent élaborer des repas complets en s’appuyant sur les ressources locales accessibles dans la région :

  • Céréales et féculents : fufu, maïs, sorgho.
  • Légumineuses et protéines : haricots, soja, poissons du lac.
  • Légumes et fruits : légumes feuilles (lengalenga) et fruits de saison.

Recommandations pratiques pour la famille :

  • Hygiène alimentaire : Respecter des règles de propreté rigoureuses lors de l’achat, de la préparation et de la conservation des aliments afin d’éviter les infections et intoxications.
  • Alimentation infantile : Promouvoir l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois de l’enfant, suivi d’une diversification alimentaire progressive et équilibrée.
  • Habitudes à modérer : Limiter l’excès de sel, de sucre et d’aliments ultra-transformés, et éviter la réutilisation abusive des huiles de friture.
  • Lutte contre le gaspillage : Planifier les achats et stocker judicieusement les denrées pour préserver leur valeur nutritive et faire des économies.

4. L’accompagnement et le programme de nutrition à l’HPGRB

L’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) intègre la nutrition au cœur de sa prise en charge médicale globale.

  • Une équipe multidisciplinaire : Les nutritionnistes-diététiciens de l’HPGRB interviennent de manière transversale auprès des services de pédiatrie, de soins intensifs, de médecine interne, de chirurgie et de maternité.
  • Prise en charge de la malnutrition : L’hôpital dispose d’un Centre Nutritionnel et Thérapeutique (CNT) spécialisé dans l’accueil et le traitement des enfants souffrant de malnutrition sévère. Lors de ruptures d’approvisionnement en intrants industriels, l’établissement utilise des alternatives nutritionnelles locales contrôlées, à base de lait entier et de bouillies enrichies maïs-soja-sorgho (MASOSO).
  • Éducation et conseils à la sortie : Pour les patients atteints de maladies chroniques (diabète, hypertension) et pour les malades sortants, l’équipe dispense des consignes diététiques précises afin de sécuriser le retour à domicile et d’éviter les re-hospitalisations.

5. Les trois conseils d’or pour une alimentation protectrice

Pour adopter une alimentation durablement bénéfique, trois piliers essentiels doivent guider chaque foyer :

  1. La Diversification : Varier quotidiennement les groupes d’aliments en privilégiant les produits locaux.
  2. La Modération : Adapter les portions et réduire les excès de gras, de sel et de sucre.
  3. L’Hygiène : Veiller à la propreté de l’eau, des mains et des équipements lors de la préparation des repas.

En adoptant ces réflexes simples, chaque ménage contribue activement à la santé de toute sa famille et au bien-être de la communauté.