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Alimentation saine, équilibrée et accessible : Les clés pour préserver la santé au quotidien à Bukavu

À l’occasion du rappel annuel entourant la Journée Mondiale de l’Alimentation du 16 octobre, les enjeux liés à la nutrition et à l’accès à une alimentation équilibrée demeurent au centre des réflexions de santé publique au Sud-Kivu. À l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB), la réponse à ces défis s’articule aussi bien autour de la prévention que de la prise en charge clinique, portée notamment par une unité spécialisée au sein du département de pédiatrie, chargée des questions de nutrition et d’alimentation.

1. Alimentation équilibrée et sécurité nutritionnelle : Comprendre les bases

Une alimentation équilibrée consiste à apporter à l’organisme l’ensemble des nutriments essentiels en quantités adéquates afin d’assurer son bon fonctionnement et de couvrir ses besoins à chaque étape de la vie (nourrissons, enfants, femmes enceintes, adultes et personnes âgées).

La sécurité nutritionnelle garantit quant à elle que chaque individu bénéficie d’un accès physique et économique permanent à une nourriture saine, nutritive et suffisante.

2. L’alimentation comme première médecine : Prévenir les risques sanitaires

Une nutrition inadaptée constitue un facteur de risque majeur pour la santé de la communauté. À Bukavu, elle se traduit aussi bien par la malnutrition aiguë ou chronique et les carences micronutritionnelles que par le développement de maladies métaboliques ou cardiovasculaires comme le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité.

À l’inverse, une alimentation saine joue un rôle protecteur fondamental : elle renforce le système immunitaire, prévient la survenue de complications graves et accélère la guérison des malades hospitalisés. Chez le jeune enfant, des apports nutritionnels adéquats sont indispensables pour éviter la fatigue, la baisse d’énergie et les retards de croissance.

Par ailleurs, les travaux de recherche menés au sein de la Faculté de Médecine de l’Université Catholique de Bukavu (Nyakasane Muhimuzi et al., 2021) démontrent que les effets de la dénutrition précoce et du faible poids de naissance s’étendent bien au-delà de la petite enfance. Ces études mettent en évidence que les déficits nutritionnels subis dès les premiers stades de la vie prédisposent les enfants à des altérations métaboliques et endocriniennes durables, augmentant le risque de développer à l’âge adulte des pathologies chroniques telles que l’hypertension artérielle, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. La détection précoce de perturbations physiologiques chez les jeunes enfants dénutris confirme ainsi l’importance critique d’un suivi médical et diététique soutenu afin de prévenir ces complications irréversibles à long terme.

3. Valoriser les produits locaux et adopter des pratiques culinaires saines

Composer des repas nutritifs au quotidien ne nécessite pas de recettes complexes ou onéreuses. Les ménages peuvent élaborer des repas complets en s’appuyant sur les ressources locales accessibles dans la région :

  • Céréales et féculents : fufu, maïs, sorgho.
  • Légumineuses et protéines : haricots, soja, poissons du lac.
  • Légumes et fruits : légumes feuilles (lengalenga) et fruits de saison.

Recommandations pratiques pour la famille :

  • Hygiène alimentaire : Respecter des règles de propreté rigoureuses lors de l’achat, de la préparation et de la conservation des aliments afin d’éviter les infections et intoxications.
  • Alimentation infantile : Promouvoir l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois de l’enfant, suivi d’une diversification alimentaire progressive et équilibrée.
  • Habitudes à modérer : Limiter l’excès de sel, de sucre et d’aliments ultra-transformés, et éviter la réutilisation abusive des huiles de friture.
  • Lutte contre le gaspillage : Planifier les achats et stocker judicieusement les denrées pour préserver leur valeur nutritive et faire des économies.

4. L’accompagnement et le programme de nutrition à l’HPGRB

L’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) intègre la nutrition au cœur de sa prise en charge médicale globale.

  • Une équipe multidisciplinaire : Les nutritionnistes-diététiciens de l’HPGRB interviennent de manière transversale auprès des services de pédiatrie, de soins intensifs, de médecine interne, de chirurgie et de maternité.
  • Prise en charge de la malnutrition : L’hôpital dispose d’un Centre Nutritionnel et Thérapeutique (CNT) spécialisé dans l’accueil et le traitement des enfants souffrant de malnutrition sévère. Lors de ruptures d’approvisionnement en intrants industriels, l’établissement utilise des alternatives nutritionnelles locales contrôlées, à base de lait entier et de bouillies enrichies maïs-soja-sorgho (MASOSO).
  • Éducation et conseils à la sortie : Pour les patients atteints de maladies chroniques (diabète, hypertension) et pour les malades sortants, l’équipe dispense des consignes diététiques précises afin de sécuriser le retour à domicile et d’éviter les re-hospitalisations.

5. Les trois conseils d’or pour une alimentation protectrice

Pour adopter une alimentation durablement bénéfique, trois piliers essentiels doivent guider chaque foyer :

  1. La Diversification : Varier quotidiennement les groupes d’aliments en privilégiant les produits locaux.
  2. La Modération : Adapter les portions et réduire les excès de gras, de sel et de sucre.
  3. L’Hygiène : Veiller à la propreté de l’eau, des mains et des équipements lors de la préparation des repas.

En adoptant ces réflexes simples, chaque ménage contribue activement à la santé de toute sa famille et au bien-être de la communauté.

OCTOBRE ROSE  2026 : Sensibilisation, prévention et dépistage du cancer du sein

Chaque année, le mois d’octobre nous rappelle une chose essentielle ; celle de prendre soin de sa santé, et de savoir écouter son corps .

À travers Octobre Rose, le monde se mobilise pour mieux faire connaître le cancer du sein, encourager la prévention et rappeler l’importance d’une consultation précoce.

Le cancer du sein est l’un des cancers les plus fréquents chez la femme. En 2024, environ 2,4 millions de femmes ont reçu un diagnostic de cancer du sein dans le monde, et près de 694 000 personnes en sont décédées, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En République démocratique du Congo, le cancer du sein constitue également un important problème de santé publique. Selon les données du Centre national de lutte contre le cancer citées par le ministère de la Santé en 2025 , environ 7 000 nouveaux cas seraient diagnostiqués chaque année dans le pays. Les estimations internationales les plus récentes font, quant à elles, état de plus de 9 700 nouveaux cas en 2024 . fort malheureusement, derrière ces chiffres, il y a surtout des femmes, des familles et des vies profondément touchées par la maladie.

Le cancer du sein peut parfois évoluer sans douleur ni signe évident. Il est donc important de rester attentive à tout changement inhabituel : une boule dans le sein ou sous l’aisselle, une modification de la forme ou de la taille du sein, un changement de l’aspect de la peau, une rétraction du mamelon ou un écoulement inhabituel. Ces signes ne signifient pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais ils doivent encourager à consulter un professionnel de santé.

La prévention passe notamment par une bonne connaissance de son corps, une activité physique régulière, une alimentation équilibrée, la limitation de la consommation d’alcool et, lorsque cela est indiqué, le recours au dépistage recommandé par les professionnels de santé.

En ce mois d’ Octobre Rose , faisons passer le message autour de nous : une information peut sauver une vie, une consultation à temps peut tout changer.

N’attendez pas d’avoir mal pour consulter. Détecté tôt et pris en charge rapidement, le cancer du sein peut être traité avec de meilleures chances de survie.

En ce mois d’Octobre Rose, partageons ce message : une information peut sauver une vie, une consultation à temps peut tout changer.

BESOIN D’INFORMATIONS OU D’UNE CONSULTATION ?

Département de Gynécologie et Obstétrique – HPGRB

📞 Secrétariat : 084 352 0357

🚨 Urgences gynécologiques et obstétricales : 085 356 6289

Encourageons nos sœurs, nos filles, nos mamans, nos épouses et nos proches à faire de leur santé une priorité .

Journée mondiale des sourds : affirmer les droits fondamentaux et promouvoir une communication inclusive

La Journée mondiale des sourds (JMS) a été lancée par la Fédération Mondiale des Sourds (FMS) lors de son premier congrès, le 23 septembre 1951 en Italie. Elle est célébrée chaque année le dernier samedi du mois de septembre

Cette journée a pour objectifs de :


– sensibiliser le public à la surdité,
– mettre en lumière les difficultés rencontrées au quotidien par les personnes sourdes et malentendantes,
– informer sur les solutions existantes et les adaptations possibles.


Elle constitue un moment important pour rappeler l’importance de l’inclusion, de l’égalité des droits et de l’accès à la communication pour tous.

Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes

Ayant pour thème : « Affirmer les droits fondamentaux des personnes sourdes », cette journée rappelle qu’il est essentiel de garantir aux personnes sourdes et malentendantes l’exercice effectif de leurs droits fondamentaux dans tous les domaines de la vie. Elle souligne notamment la nécessité de :
– reconnaître les droits des personnes sourdes,
– les protéger,
– les promouvoir,
– garantir un accès réel aux services grâce aux langues des signes nationales.

Elle est aussi l’occasion de valoriser l’identité linguistique et la diversité culturelle des personnes sourdes et malentendantes, ainsi que de toutes les personnes qui utilisent la langue des signes. L’accès à la communication est en effet un droit essentiel, indissociable de la pleine jouissance des droits humains.

 Quelques repères

Selon la Fédération mondiale des sourds, près de 70 millions de personnes sourdes vivent dans le monde, dont environ 80 % dans des pays en développement. On recense plus de 300 langues des signes à travers le monde. Ce sont de véritables langues naturelles, à part entière, avec une structure propre, distincte des langues parlées. Une langue des signes internationale (LSI) est également utilisée lors de rencontres entre personnes de différents pays, ou de manière plus informelle lors de voyages.

Un enjeu reconnu au niveau international


La Convention relative aux droits des personnes handicapées reconnaît l’égalité entre les langues des signes et les langues parlées. Elle engage les États à faciliter leur apprentissage et leur utilisation. Dans cette continuité, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé en 2017 la Journée internationale des langues des signes afin de sensibiliser le public à l’importance de ces langues et de promouvoir les droits de la communauté sourde.

Vers une société plus inclusive

À travers ces journées de sensibilisation, l’objectif est de renforcer les efforts en faveur d’une société plus inclusive, dans laquelle chaque personne peut communiquer, comprendre et être comprise, partout et avec dignité.

Sécurité des patients : soignants et patients, chacun a un rôle à jouer

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients, l’HPGRB sensibilise sur l’importance d’une prise en charge sûre et collaborative

La sécurité des patients constitue une dimension essentielle de la qualité des soins. Elle concerne tous les acteurs du parcours de santé : professionnels de santé, patients, familles, accompagnants et responsables des établissements de soins.

Célébrée chaque année le 17 septembre, la Journée mondiale de la sécurité des patients a été instituée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2019 afin de renforcer la sensibilisation à la sécurité des soins et de mobiliser les différents acteurs autour de la réduction des préjudices évitables dans les services de santé.

Pour l’édition 2026, l’OMS place la campagne sous le thème « Des soins sûrs pour les maladies non transmissibles », avec le slogan « Des soins sûrs pour la vie ! ». L’accent est notamment mis sur la nécessité d’assurer la sécurité tout au long du parcours des personnes vivant avec des maladies chroniques ou non transmissibles, depuis la prévention et le diagnostic jusqu’au traitement, au suivi à long terme et aux soins réalisés au quotidien.

La sécurité des patients : une préoccupation qui concerne chaque étape des soins

La sécurité des patients ne se limite pas à l’absence d’erreur médicale. Elle renvoie plus largement à l’ensemble des mesures, comportements, procédures et conditions qui permettent de réduire les risques de préjudice évitable au cours de la prise en charge.

Selon l’OMS, les risques peuvent apparaître à différents moments du parcours de soins. Ils peuvent notamment concerner le diagnostic, l’utilisation des médicaments, les infections associées aux soins, les dispositifs médicaux ou encore la continuité et la coordination de la prise en charge.

Dans ce contexte, la sécurité ne repose pas sur une seule personne. Elle suppose une organisation adaptée, des professionnels compétents, une communication efficace et une participation réelle du patient et de sa famille au processus de soins.

Une sensibilisation portée par Sante+Magazine

C’est dans cet esprit que l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) a consacré une édition de son émission Sante+Magazine au thème : « Le personnel soignant et la sécurité du malade dans sa prise en charge ».

À travers cette émission de sensibilisation, l’accent a été mis sur une idée simple : la sécurité du patient est une responsabilité qui se construit dans la relation entre le professionnel de santé et la personne prise en charge.

Invité de cette édition, M. Amani Muzindusi Christian, audiologiste à l’HPGRB, a échangé autour des attitudes qui peuvent contribuer à une prise en charge plus sûre, de l’importance de la communication entre soignant et patient, ainsi que du rôle que peuvent jouer les patients et leurs accompagnants.

Cette sensibilisation s’inscrit dans une démarche d’information du public sur les bons comportements à adopter dans le parcours de soins, sans opposer le patient au personnel soignant. Au contraire, elle rappelle que la qualité et la sécurité des soins reposent notamment sur la collaboration, l’écoute et la communication.

Du côté des professionnels : rigueur, communication et vigilance

Pour les professionnels de santé, la sécurité du patient commence par l’application rigoureuse des bonnes pratiques professionnelles.

L’hygiène des mains, l’utilisation appropriée des équipements de protection, la vérification des informations pertinentes concernant le patient, la bonne communication entre les différents intervenants et la vigilance dans l’administration des médicaments font partie des éléments importants de la sécurité des soins.

La communication occupe également une place centrale. Un patient doit pouvoir comprendre, autant que possible, ce qui lui est expliqué concernant son état de santé, les examens envisagés, les traitements proposés ou les consignes à respecter.

De leur côté, les professionnels doivent favoriser un dialogue permettant au patient de poser des questions et de signaler une information importante concernant son état de santé.

La sécurité suppose également que les professionnels puissent identifier, signaler et apprendre des situations à risque, dans une logique d’amélioration des pratiques. L’objectif général de la sécurité des patients est précisément de réduire les risques et de tirer des enseignements des situations susceptibles de provoquer un préjudice.

Le patient n’est pas un simple bénéficiaire des soins

La sécurité des soins implique aussi la participation du patient.

Lorsqu’une personne se rend dans un établissement de santé, elle peut contribuer à sa propre sécurité en donnant aux professionnels des informations aussi précises que possible sur son état de santé, ses antécédents, ses allergies connues, les médicaments qu’elle prend déjà ou tout autre élément susceptible d’être pertinent pour sa prise en charge.

Le patient ne doit pas hésiter à demander des explications lorsqu’il ne comprend pas une consigne. Poser une question, demander qu’une information soit répétée ou signaler une inquiétude peut contribuer à une meilleure compréhension du parcours de soins.

L’OMS insiste d’ailleurs sur l’importance de faire des personnes prises en charge de véritables partenaires de leur sécurité, notamment dans le contexte des maladies non transmissibles qui nécessitent souvent un suivi prolongé et plusieurs interactions avec le système de santé.

Le rôle des familles et des garde-malades

Dans le contexte de Bukavu et plus largement de la République démocratique du Congo, les membres de la famille ou les accompagnants peuvent occuper une place importante auprès des personnes hospitalisées.

Leur présence peut être utile pour accompagner le malade, faciliter la transmission de certaines informations et l’aider à comprendre ou à respecter les consignes qui lui sont données.

Cependant, l’accompagnement doit se faire dans le respect des règles de l’établissement de santé. Le garde-malade doit notamment éviter l’automédication du patient, la modification d’un traitement sans avis du professionnel compétent ou encore l’introduction de pratiques susceptibles de compromettre les soins.

En cas d’inquiétude ou d’incompréhension, la meilleure attitude consiste à s’adresser au personnel soignant plutôt que de prendre une décision médicale seul.

La sécurité concerne également les soins spécialisés

La sécurité du patient concerne toutes les disciplines médicales et paramédicales, y compris l’audiologie.

Les personnes présentant une déficience auditive peuvent rencontrer des difficultés particulières pour recevoir ou transmettre certaines informations. Une communication adaptée devient alors particulièrement importante.

Dans le domaine de l’audition, la vigilance concerne également l’utilisation de certains médicaments susceptibles d’avoir des effets indésirables sur le système auditif. La prise en charge de ces situations nécessite une collaboration entre les différents professionnels concernés, selon l’état du patient et les indications médicales.

Plus largement, les équipements utilisés pour l’exploration, le diagnostic ou le traitement doivent faire l’objet d’une utilisation appropriée et d’un entretien conforme aux exigences de sécurité applicables.

Quelques conseils aux patients et accompagnants

À l’occasion de cette sensibilisation, l’HPGRB invite les patients et leurs accompagnants à adopter quelques réflexes simples :

  • Donner des informations exactes au personnel de santé sur son état de santé, ses antécédents, ses allergies et les médicaments déjà utilisés ;
  • Poser des questions lorsqu’une information ou une consigne n’est pas comprise ;
  • Respecter les prescriptions et les consignes des professionnels et éviter toute modification autonome d’un traitement ;
  • Ne pas pratiquer l’automédication pendant une prise en charge sans en informer le professionnel de santé ;
  • Signaler rapidement tout changement inhabituel ou toute inquiétude concernant son état de santé ;
  • Respecter les règles d’hygiène et de fonctionnement de l’établissement, notamment celles concernant les visites et l’accompagnement des patients ;
  • Éviter les pratiques non recommandées, notamment l’introduction d’objets dans les oreilles ou d’autres gestes pouvant provoquer des blessures.

Ces comportements ne remplacent évidemment pas les conseils d’un professionnel de santé. Ils constituent plutôt des réflexes de prudence susceptibles de faciliter une prise en charge plus sûre.

Du côté du personnel soignant : une vigilance collective

La sécurité du patient appelle également l’engagement de tous les professionnels intervenant dans son parcours.

Médecins, infirmiers, pharmaciens, biologistes, techniciens, spécialistes, personnel paramédical et autres intervenants ont chacun une responsabilité dans la qualité de la prise en charge, selon leurs fonctions et leurs compétences.

La coordination entre professionnels est particulièrement importante lorsque plusieurs services interviennent auprès d’un même patient. Une information correctement transmise peut contribuer à assurer la continuité des soins et à limiter les risques liés aux incompréhensions ou aux ruptures dans le parcours de prise en charge.

La sécurité des patients est donc aussi une culture collective, qui repose sur la vigilance, le respect des bonnes pratiques, la communication professionnelle et la volonté constante d’améliorer les soins.

« Des soins sûrs pour la vie »

Le thème retenu par l’OMS pour 2026 rappelle que la sécurité ne doit pas être envisagée uniquement au moment où le patient franchit la porte d’un hôpital. Pour les personnes vivant avec une maladie non transmissible, les soins peuvent s’inscrire dans la durée et mobiliser plusieurs professionnels et plusieurs structures. Les risques doivent donc être pris en compte tout au long du parcours. À travers Sante+Magazine, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu entend ainsi contribuer à l’information et à la sensibilisation de la population sur les questions de santé qui concernent directement les patients, leurs familles et les professionnels.

La sécurité des patients n’est pas l’affaire d’un seul service ni d’une seule catégorie de personnes. Elle se construit dans chaque geste professionnel, dans chaque information correctement transmise, dans chaque question posée et dans chaque attitude responsable.

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité des patients, le message essentiel demeure donc simple : soignants, patients et accompagnants ont chacun un rôle à jouer pour favoriser des soins plus sûrs, plus attentifs et respectueux de la personne.

Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB)
Sante+Magazine — Informer, sensibiliser et éduquer pour la santé.

Changer le discours sur le suicide au Sud-Kivu : briser le silence, semer l’espoir

Une mobilisation collective pour briser le silence

Chaque année, le 10 septembre marque la célébration de la Journée Mondiale de Prévention du Suicide. En 2026, cette journée internationale achève son cycle triennal sous une thématique d’une importance capitale : « Changer le discours sur le suicide », appuyée par un mot d’ordre universel : « Commencer la conversation ». Pour l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB), cette commémoration ne se limite pas à un jalon du calendrier sanitaire. Elle constitue une opportunité majeure d’ouvrir un espace de réflexion, de dialogue et de sensibilisation au sein de notre communauté au Sud-Kivu.

La détresse psychologique, bien qu’invisible, est une réalité humaine profonde qui traverse toutes les couches de notre société. Trop souvent, la souffrance mentale est enveloppée dans une chape de plomb, nourrie par le silence, les tabous culturels ou la peur du jugement d’autrui. Pourtant, les faits démontrent qu’engager une discussion ouverte, honnête et dénuée de préjugés est le premier rempart pour sauver des vies et redonner de l’espoir à ceux qui vacillent.

Une réalité mondiale aux répercussions locales

À l’échelle planétaire, le suicide demeure un défi de santé publique majeur. Chaque année, plus de 720 000 personnes mettent fin à leurs jours. Derrière ce chiffre se cachent des tragédies individuelles et familiales incommensurables, qui ébranlent durablement des foyers, des milieux professionnels et des communautés entières. Ce fléau touche de manière particulièrement aiguë la jeunesse : le suicide représente la troisième cause de décès chez les adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans. De plus, les statistiques révèlent que 73 % de ces drames surviennent dans les pays à faible et moyen revenu, soulignant l’importance cruciale de développer des mécanismes de prévention adaptés à nos réalités socio-économiques.

Dans notre province du Sud-Kivu, les difficultés du quotidien, le stress lié à l’environnement général et les épreuves collectives vécues par les populations pèsent lourdement sur l’équilibre émotionnel des individus. Face à ces tensions accumulées, la santé mentale est parfois mise à rude épreuve. Pourtant, exprimer son mal-être ou admettre que l’on traverse une crise psychologique reste une démarche difficile. La stigmatisation sociale pousse de nombreuses personnes à s’isoler, aggravant ainsi leur sentiment de solitude et d’abandon. Il est donc urgent de transformer notre perception collective de la souffrance psychique.

Briser les mythes : Le pouvoir thérapeutique de la parole

L’un des obstacles les plus tenaces à la prévention est la croyance selon laquelle parler ouvertement du suicide pourrait inciter une personne vulnérable à passer à l’acte. La recherche scientifique et l’expérience clinique réfutent catégoriquement ce mythe. Parler des pensées suicidaires de manière bienveillante et calme n’augmente pas le risque de survenue de ce drame. Au contraire, une conversation franche et attentive offre une véritable soupape de sécurité émotionnelle. Elle permet à l’individu en détresse de briser son isolement, de mettre des mots sur son immense douleur et d’envisager qu’une alternative existe.

En psychiatrie et en psychologie des médias, les experts s’accordent sur l’existence de l’effet Papageno. Ce concept démontre que la diffusion de messages d’espoir, de soutien et de récits de personnes ayant réussi à surmonter une crise psychologique grâce à une aide professionnelle a un impact protecteur et préventif avéré. En partageant des solutions concrètes et en rappelant que la détresse est un état surmontable, nous pouvons inspirer confiance et guider ceux qui souffrent vers le chemin de la résilience.

Le choix des mots : Vers un langage bienveillant

Changer le discours commence par modifier notre vocabulaire de tous les jours. La manière dont nous parlons de la détresse influe directement sur la volonté des personnes concernées à demander de l’aide. Les directives éthiques nationales et internationales d’aide à la prévention recommandent vivement l’usage d’un langage sécuritaire, respectueux et axé sur la personne.

  • Ce qu’il convient d’éviter : Des termes stigmatisants comme « commettre un suicide » ou « suicide réussi ». Le mot « commettre » associe historiquement cet acte à un crime ou à un péché, tandis que le terme « réussit » présente à tort le décès comme un objectif ou un accomplissement positif.
  • Ce qu’il convient de privilégier : Des expressions factuelles et neutres telles que « décès par suicide », « perte par suicide » ou « personne traversant une crise psychologique profonde ».

Ces nuances de langage suppriment la notion de jugement moral, humanisent la souffrance et facilitent l’accès aux structures de soins.

L’HPGRB : Un pilier d’écoute, de soins et d’accompagnement

Établi au carrefour des trois communes urbaines de la ville de Bukavu (Ibanda, Kadutu et Bagira), l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) est une structure médicale de l’État cédée en gestion à l’Archidiocèse de Bukavu. Fort d’une triple vocation de soins de qualité dispensés à la population, d’enseignement clinique pour les étudiants en médecine de l’Université Catholique de Bukavu (UCB) et de recherche sur les réalités sanitaires locales, notre établissement se positionne comme un acteur de référence en Afrique centrale.

Au-delà de la médecine physique et chirurgicale, l’HPGRB accorde une place essentielle à la prise en charge globale de l’être humain, englobant la santé physique et l’accompagnement psychosocial. Ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, l’hôpital abrite des équipes qualifiées de médecins, de psychiatres et de psychologues cliniciens prêts à offrir une écoute attentive, chaleureuse et strictement confidentielle.

Conformément à la charte et à la philosophie de notre institution, chaque patient est accueilli avec dignité, respect et humanité, sans aucune discrimination, en mettant en œuvre au quotidien notre devise : « Le patient est roi ». Nos services d’appui psychosocial travaillent sans relâche pour désamorcer les crises émotionnelles, accompagner les familles et offrir un accompagnement personnalisé dans un cadre sécurisant et protecteur.

Comment agir à notre niveau ? Des gestes simples pour sauver des vies

La prévention du suicide n’est pas uniquement l’affaire des professionnels de la santé ; elle repose sur la vigilance et la solidarité de chacun d’entre nous au quotidien. Voici des attitudes concrètes que nous pouvons tous adopter pour soutenir un proche, un collègue ou un voisin en difficulté :

  1. Prêter attention aux signaux d’alerte : Un repli inhabituel sur soi, un désintérêt soudain pour les activités habituelles, des propos exprimant un sentiment d’inutilité (« je suis un fardeau pour vous », « bientôt vous serez débarrassés de moi ») ou une négligence progressive de soi sont des signes de détresse qui doivent susciter notre attention.
  2. Poser la question simplement : N’ayez pas peur d’aborder le sujet directement mais toujours avec douceur. Poser des questions simples comme : « Je remarque que tu traverses des moments difficiles en ce moment, comment te sens-tu réellement ? » ou « Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des idées sombres ? » peut ouvrir la porte à une confidence libératrice.
  3. Écouter sans juger et sans conseiller à la hâte : La personne en crise a besoin de se sentir comprise, pas d’être moralisée ou réprimandée. Évitez les formules toutes faites comme « sois fort » ou « secoue-toi », qui peuvent être perçues comme une minimisation de sa souffrance. Dites plutôt : « Je vois que tu as très mal, et je suis là pour t’écouter. »
  4. Guider vers des professionnels de confiance : Encouragez calmement la personne à consulter un psychologue ou à se rendre dans une structure de santé adaptée comme l’HPGRB, où elle pourra bénéficier d’une prise en charge adéquate et confidentielle.

Changer le discours, c’est comprendre que la détresse psychologique n’est pas une fatalité ni une honte, mais une surcharge émotionnelle qui nécessite du soutien, de la compassion et des soins appropriés. Ensemble, en commençant la conversation dès aujourd’hui, nous pouvons allumer une lueur d’espoir et préserver la vie.

 FIN.