À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, l’Hôpital Provincial Général de Référence de Bukavu (HPGRB) brise les tabous. Entre expertise médicale et plaidoyer pour l’inclusion, le Dr Germain Mudumbi, neuro-pédiatre, nous éclaire sur ce trouble encore trop souvent entouré de mystères et de préjugés dans notre communauté.
Chaque année, le 2 avril sonne comme un rappel : l’autisme n’est pas une fatalité, mais une autre manière de percevoir le monde. Sous le thème « Autisme et Humanité – Chaque vie a de la valeur », l’HPGRB réaffirme son engagement : aucun enfant du Sud-Kivu ne doit rester dans l’ombre.
Comprendre pour mieux agir : qu’est-ce que l’autisme ?
Loin d’être une maladie que l’on « guérit », le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) est une condition neurodéveloppementale qui apparaît tôt, souvent avant l’âge de deux ans, alors que le cerveau est en plein bourgeonnement.
Selon le Dr Germain Mudumbi, chef de département adjoint chargé des soins en pédiatrie, les signes se manifestent principalement par trois défis majeurs :
• Les interactions sociales : Un manque de réciprocité ou des difficultés à nouer des liens.
• La communication : Qu’elle soit verbale ou non verbale (gestes, regard), la compréhension du langage est souvent perturbée.
• Les comportements : Des intérêts restreints, des gestes répétitifs ou des rituels immuables.
« Ce n’est pas une question de mauvaise éducation », rappelle le médecin. Il s’agit d’une variation naturelle du fonctionnement neurologique.
Les causes : la science face aux mythes
Dans nos quartiers, les rumeurs vont bon train. Pourtant, le Dr Mudumbi est catégorique : aucun lien n’a été établi avec la vaccination. L’autisme résulte plutôt d’une combinaison complexe de facteurs génétiques, neurobiologiques et environnementaux. L’âge avancé des parents ou certaines expositions durant la grossesse (médicaments, infections, asphyxie périnatale) peuvent également jouer un rôle.
Le défi de Bukavu : au-delà de la médecine, le combat social
Si dans les pays développés, on estime qu’un enfant sur 40 à 500 peut être touché, les chiffres exacts à Bukavu restent un défi. À l’HPGRB, une centaine d’enfants sont déjà suivis pour autisme infantile.
Le plus grand obstacle reste cependant la stigmatisation. « Trop de familles cachent encore leurs enfants par peur du jugement ou par croyance en la sorcellerie », déplore l’équipe médicale. Ce « regard de honte » retarde les consultations et pousse certains vers une médecine parallèle inefficace, alors qu’un diagnostic précoce est la clé de l’autonomie.
Une prise en charge « Holistique » à l’HPGRB
L’HPGRB ne se contente pas de poser un diagnostic. Fidèle à sa mission de santé holistique, l’hôpital mobilise une véritable « armée » de spécialistes pour entourer l’enfant et sa famille :
• Pédiatres et neurologues pour le suivi médical et neurologique.
• Psychologues et pédopsychiatres pour le soutien émotionnel.
• Orthophonistes (logopèdes) pour réapprendre à communiquer.
• Ergothérapeutes et assistants sociaux pour adapter le quotidien et favoriser l’autonomie.
L’objectif ? Permettre à l’enfant de s’insérer socialement. Une école spécialisée existe d’ailleurs déjà dans la ville de Bukavu pour accompagner ces parcours de vie particuliers.
Quand consulter ?
Parents, soyez attentifs ! Un retard de langage, une hyperactivité marquée, des difficultés scolaires ou des crises d’épilepsie doivent vous pousser à franchir les portes de notre hôpital. Le département de pédiatrie, situé sur l’avenue Michombero, est ouvert 24h/24 et 7j/7 pour vous accueillir.
Le message du Dr Mudumbi est empreint d’espoir : l’innovation et la force de notre communauté naissent de notre diversité. En changeant notre regard sur l’autisme, nous permettons à chaque enfant du Sud-Kivu d’être enfin « vu, entendu et valorisé ».
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Pour toute consultation, l’HPGRB vous accueille sur l’Avenue Michombero n°2. Contact : +243843520357
